LES ABSENTS DU SALON

Douze marques ont décliné l’invitation allemande. Généralistes, marques premium ou plus confidentielles. Elles nous ont expliqué leur choix, ont évoqué les moyens de substitution mis en place et de toute évidence, aucune d’entre elles ne regrette sa décision.

Ils sont douze à manquer à l’appel. Des généralistes importants, Peugeot, Fiat, Nissan, d’autres moins vendeurs en France, Mitsubishi, Jeep, Alfa, plusieurs constructeurs premium, Infiniti, Volvo, DS, Tesla et des marques plus exotiques, Cadillac, Chevrolet ont donc boudé la Frankfurter Messe.

Il apparaît que tous justifient, officiellement ou plus discrètement, leur absence du salon allemand pour plusieurs raisons toutes aussi recevables les unes que les autres. En premier lieu, l’investissement que représente un tel événement. « Entre 3 et 20 millions d’euros » le jeu en vaut-il la chandelle ? Car à ces tarifs, il faut vendre beaucoup de voitures pour rentabiliser les 10 jours que dure le salon. Le ROI (return of invest, retour sur investissement) guide aujourd’hui le monde automobile et pour nos absents, il est évidemment au cœur de la décision. Mais il est une autre raison qui justifie l’absence en terre germanique : la place démentielle qu’occupent les constructeurs locaux. Les trois groupes, Volkswagen, BMW et Mercedes, occupent les premiers halls et les autres, tous les autres, quelle que soit leur importance, sont regroupés au fond. Du coup, avec un peu de chance, journalistes et visiteurs poussent la curiosité jusqu’à eux. À condition qu’ils aient une nouveauté à proposer, faute de quoi les retombées médias se font aussi rares que les bons de commande signés.

Et dans ce domaine, certaines marques n’ont pas grand-chose à mettre sous la dent de leur public ce mois-ci. À l’image de Fiat qui ne pouvait compter que sur un 500L restylée et déjà présenté ou le 60e anniversaire de son produit fétiche, la 500. De son côté, Peugeot a placé son 5008 et sa 308 restylée sur la rampe de lancement à la fin du printemps et ne compte pas trop sur le marché allemand pour les écouler. Reste DS. La marque premium française est dans les starting-blocks pour la commercialisation de sa DS7 Crossback. Mais tient à imposer son propre calendrier hors salon.

LES INCONTOURNABLES DU SALON

CITROËN C3 AIRCROSS

Après une présentation statique sur les toits de Paris, puis un premier comparatif avec ses principaux concurrents, le C3 Aircross fait ses débuts publics à Francfort. Premier crossover urbain de la marque aux chevrons, le C3 Aircross remplace le C3 Picasso. Fini le minispace et place au crossover.

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Comme c’est déjà le cas sur la C3, l’Aircross affiche un look mêlant modernité et dynamisme avec un éclairage sur deux niveaux et de nombreuses possibilités de personnalisation: coques de rétroviseurs, barres de toit, custode arrière et entourage de phares.

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Bon point également concernant les aspects pratiques. Dans une longueur de 4,15 m, Citroën a réussi  à proposer une belle habitabilité grâce notamment à une banquette coulissante et un volume de chargement record pour la catégorie de 520 litres.

Les motorisations sont beaucoup plus classiques avec en essence 3 blocs allant de 82 à 130 ch et deux diesels (100 et 120 ch).

Les prix sont compris entre 15 950 et 23 950 €.  La commercialisation débutera dans quelques jours.

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le C3 Aircross monte aux murs ou presque

Même si le C3 Aircross ne dispose pas de la transmission intégrale, il peut être équipé d’un renforcement de la motricité dénommé Grip Control. Mais en exposant un de ces véhicule à la verticale, on ne sait pas si Citroën souhaitait montrer ses qualités ou alors sa volonté d’écraser le segment.

OPEL GRANDLAND X

Opel présente pour la première fois au public le GrandLand X. Ce SUV, jumeau technique du Peugeot 3008 il s’illustre par des tarifs moins salés, une dotation plus riche et un style radicalement différent.

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Les liens déjà tissés à travers le Crossland X, un SUV urbain qui partage plusieurs éléments techniques avec le Peugeot 2008, se renforcent avec le Grandland X. Ce SUV compact fabriqué en France, à Sochaux, n’est autre que le cousin allemand du Peugeot 3008.

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Si la fiche technique est très proche du modèle français : 4,47 m de long, 1,84 m de large et un empattement de 2,67 mètres, le style, lui, est radicalement différent.

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L’allemand reprend beaucoup de son petit frère et de l’Insignia Grand Sport. A savoir un regard acéré, un capot plat et nervuré et petite excentricité, un aileron de requin sur la partie latérale. Esthétiquement tout du moins, l’allemand affiche une vraie personnalité qui colle avec le reste de la gamme.

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 A bord, en revanche, pas de miracle. Peugeot n’a pas cédé et le GrandlandX ne profite pas du cockpit numérique ni d’un dessin de planche de bord aussi original. Les clients Opel ne seront donc pas dépaysés avec une présentation tout ce qu’il y a de plus classique. Une planche de bord horizontale recouverte de plastiques souples, au centre de laquelle trône un écran tactile, intégrant les fonctionnalités Apple CarPlay et Android Auto, et connecté grâce au service « OnStar » qui offre un accès wi-fi et une conciergerie. L’ensemble présente plutôt bien.

Destiné à la famille, le Grandland X s’avère un poil avare en espace aux places arrière mais compense par un volume de coffre dans la moyenne plus du marché avec 514 litres de base. Une capacité légèrement inférieure à celle du Peugeot 3008 (520 litres), mais le SUV Opel se rattrape par un volume supérieur lorsque les sièges arrière sont rabattus (1652 litres, contre 1482 litres).

Au lancement et pour ne pas empiéter sur les platebandes du 3008, le Grandland X proposera deux petites motorisations. En essence, il reprendra le Puretech 130 et en diesel le BlueHdi 120. Les deux seront disponibles au choix en boîte mécanique ou automatique à 6 rapports. Les commandes sont déjà ouvertes et le Grandland X et la commercialisation prévue ce mois-ci.

VOLKSWAGEN T-ROC

Volkswagen élargit par le bas sa gamme de SUV. Le tout nouveau T-Roc, annoncé comme un modèle compact, ferait pourtant de l’ombre plutôt aux modèles urbains concurrents. Mais en a-t-il déjà les moyens ?

T ROC

Mais de quelle catégorie parlons-nous au juste ? Car si Volkswagen annonce officiellement que le T-Roc est un « compact », ses 4,23 m le mettent à seulement 2 cm de plus qu’un Opel Crossland X, ou 8 cm de plus qu’un Peugeot 2008, tous deux des SUV « urbains ». Et les compacts comme le Peugeot 3008 ou le grand frère VW Tiguan, sont plutôt dans les 4,45 m. Mais la marque justifie ce positionnement par l’arrivée prochaine d’un SUV encore plus petit, le T-Cross.

Il change de l’ordinaire Volkswagen, c’est indéniable. Le hayon incliné, la carrosserie bi-ton, la calandre inspirée de l’Arteon, les passages de roue profondément surlignés par une ligne de caisse font leur petit effet. C’est pas mal. Mais le concept T-Roc était bien plus impressionnant et l’on peut aussi être déçu du résultat.

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À l’intérieur, ça change aussi. La planche de bord ressemble à celle de la nouvelle Polo, et peut, comme elle, recevoir des inserts colorés. On aime ou pas, mais force est de reconnaître que cela amène de la gaîté là où la tristesse dominait auparavant dans les productions VW.

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À son lancement, le T-Roc proposera 6 motorisations essence et diesel, toutes turbo. Les puissances sont élevées pour la catégorie, de 115 à 190 ch.

En essence, on a le 3 cylindres 1.0 de 115 ch, et les 4 cylindres 1.5 TSI 150 et 2.0 TSI 190. En diesel, le 1.6 TDI 115 ouvre le bal, et les 2.0 TDI 150 et 190 ch le complètent. Les blocs les plus puissants pourront bénéficier d’une boîte à double embrayage DSG7 et d’une transmission intégrale 4Motion. Le T-Roc compte bien assumer son physique de sportif en proposant plusieurs aides à la conduite spécifiques comme un châssis piloté et une direction progressive issue de la Golf GTI. Enfin et selon la finition choisie (3 niveaux) l’offre pourra s’enrichir de l’aide au maintien dans la voie, de la détection des piétons avec freinage d’urgence en ville, du régulateur adaptatif, de la lecture des panneaux, de la caméra de recul, de la surveillance des angles morts et de l’assistant de conduite dans les bouchons.

Son premier prix est déjà connu, ce sera 21 990 €. Pour le reste de la gamme, mystère…

DACIA DUSTER 2

Voici une voiture qui s’adresse au plus grand nombre. Le Dacia Duster revient pour la seconde fois. Il est plus séduisant, mieux équipé et presque toujours au même prix !

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Le 4×4 de Dacia est un véritable carton. Il s’est écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires depuis son lancement avec une grande majorité de ses ventes à destination des particuliers. Le Duster plaît en raison de son côté robuste, ses capacités 4×4, ses aspects pratiques (habitabilité et volume de chargement), sa fiabilité et bien évidemment ses prix serrés.

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Cette seconde génération reprend la plateforme actuelle. Les voies et l’empattement n’évoluent pas mais la sécurité passive a été renforcée notamment sur la partie avant et le changement de la colonne de direction. Mais c’est à bord qu’il évolue le plus.

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La planche de bord est totalement nouvelle. Dessinée en forme de S, elle offre une ergonomie largement améliorée et en confort avec par exemple des sièges totalement revus pour un meilleur maintien. L’impression de qualité est nettement supérieure et le Duster n’a désormais plus rien de low-cost. A l’image des équipements proposés aujourd’hui. Le 4×4 de Dacia s’enrichit d’un démarrage sans clé, d’une climatisation régulée, d’airbags rideaux, d’un accoudoir, etc.

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A ce jour les tarifs n’ont pas encore été arrêtés mais le ticket d’entrée, 11 990 €, devrait être sensiblement pareil. Ce sont vraisemblablement les versions les plus équipées qui devraient subir une inflation.

RENAULT MEGANE RS

Attention, voici sûrement l’un des modèles que l’on attendait le plus : la toute nouvelle Mégane RS, la quatrième génération.

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Cette nouvelle Mégane RS marque un tournant pour de multiples raisons. Tout d’abord sur le plan de la carrosserie car elle est uniquement disponible en 5 portes, une première. Fini donc la trois portes. Renault rejoint donc Honda ou Peugeot dans ce domaine.

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Il en est de même des lignes plutôt discrètes avec bien sûr quelques points caractéristiques comme le bouclier avant ajouré avec feux de jour façon drapeau à damiers, les jantes 18 ou 19 pouces ou la sortie d’échappement centrale.

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L’habitacle est du même acabit avec des sièges sports recouverts d’alcantara bien enveloppants. Une matière que l’on retrouve aussi sur le volant.

Autre première, la présence de 4 roues directrices. Tout simplement inédit sur le segment. Plutôt probant sur la Mégane GT, reste à voir maintenant si ce dispositif sera aussi efficace.  On continue avec la possibilité de choisir entre deux types de transmission : mécanique ou automatique avec la boîte EDC, toutes les deux à 6 rapports. Renault ne commet pas la même erreur que la Clio RS uniquement disponible avec la boîte EDC, un choix très critiqué par les puristes. Ces derniers seront ravis d’avoir deux configurations avec un châssis sport et un cup. Le premier disposera de 280 ch tandis que le second sera destiné à la piste avec 300 ch, 400 Nm de couple et un autobloquant. On retrouvera aussi le système Multi-Sens mais celui -ci disposera désormais de 5 modes (Confort, Normal, Sport, Race and Perso) avec la possibilité bien sûr de déconnecter toutes les aides électroniques.

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La commercialisation interviendra fin 2018. Il faudra donc être patient mais vous pourrez d’ores et déjà la réserver à partir de décembre prochain.

CONCEPT-CAR: RENAULT SYMBIOZ

Durant de nombreuses années, Renault avait comme slogan : « des voitures à vivre ». Après une période où cette notion avait été mise de côté, le constructeur au losange nous dévoile le concept Symbioz qui met la voiture au cœur du foyer.

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La vision de l’automobile en 2030, voici ce que propose ce concept. Pour Laurens Van Den Acker, l’automobile sera au cœur du foyer. Une philosophie mis en scène dans le décor du stand.  La première chose que l’on remarque sur ce concept est son système d’ouverture permettant d’accéder à l’habitacle. Ainsi, les deux portes fonctionnent de façon antagoniste tandis que la partie supérieure s’ouvrent à la manière de portes papillon.

Les dimensions sont celles d’une grande compacte avec une longueur de 4,70 pour une largeur de près de 2 mètres. Certains détails sont bien évidemment proches des modèles actuels. On retrouve toujours les projecteurs en forme de C à l’avant mais également à l’arrière.

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L’habitacle qui peut accueillir 4 passagers fait écho avec l’univers de la maison grâce à l’utilisation de matériaux tel que le feutre, le bois, la porcelaine ou même le marbre fin pour la table basse.

Symbioz fait également la part belle à l’autonomie. Dans ce mode, le volant et le pédalier se rétractent, tandis que la planche de bord recule sur une quinzaine de centimètres. Dans cette configuration, les sièges avant peuvent pivoter afin de récréer l’atmosphère d’un salon. Le côté technologie n’est pas oublié avec face au conducteur un immense écran de 80 cm de large. Renault a particulièrement soigné l’interconnexion avec la maison puisqu’il est possible de commander à partir du concept certaines fonctions du domicile comme par exemple l’éclairage ou le multimédia. Maison et voiture peuvent également échanger leur énergie.

Et puisqu’on en parle, ce concept est 100 % électrique. Il est animé par deux moteurs développent au total 500 kW (environ 680 ch) et un couple de 660 Nm. Le 0 à 100 km/h se fait en moins de 6 secondes et l’autonomie est supérieure à 500 km.

Même si ce concept Symbioz évoque le futur de Renault, un démonstrateur fera des premiers tests de roulage en fin d’année. Preuve que l’avenir commence aujourd’hui.