Essai Toyota Yaris 2014

C’est la plus vendue des Toyota en France, et elle pointe même en sixième position des citadines les plus vendues dans l’hexagone. Un modèle important donc pour la marque, qui lui fait profiter d’un bon restylage de mi-carrière. Elle gagne ainsi en gueule, mais pas que, nous allons le voir…

Dans l’hexagone, 40 % des Toyota vendues sont des Yaris, et avec plus de 6 % de parts de marché, c’est la sixième citadine la plus vendue dans notre beau pays. C’est donc un best-seller pour la marque, dont il faut prendre soin. Loin de s’endormir sur ses lauriers, le constructeur offre donc un restylage que l’on peut qualifier de conséquent à sa citadine, puisque les modifications sont non seulement esthétiques, extérieur et intérieur, mais aussi techniques. De quoi redonner de la visibilité à celle qui, rappelons-le, fut la première à obtenir ici même le label « Origine France Garantie ». Oui, oui, une « japonaise »…

Concernant la plastique, Toyota s’est surtout appesanti sur la face avant, afin de la dynamiser et la rendre plus « d’jeuns ». Phares, boucliers sont transfigurés et on retrouve la nouvelle signature stylistique de la marque, déjà vue en version « extrémiste » sur l’Aygo. On retrouve donc la forme de X qui barre la calandre, et dont les deux branches basses dessinent les contours d’une calandre béante. D’aucuns diront qu’elle est « too much », mais elle a le mérite de rendre la Yaris bien visible dans la circulation. Cette dernière est d’ailleurs à aspect variable : noire laquée pour l’hybride, à motifs en nid-d’abeilles pour la finition « Style », etc.
TOYOTA YARIS_4
TOYOTA YARIS_5
À l’arrière, les retouches sont plus discrètes. L’intérieur des feux est redessiné, avec la possibilité suivant les finitions d’avoir des LEDs très inspirées de l’univers Audi ou Mercedes. Le bouclier est également revu et intègre un faux (et petit) diffuseur.
Dans l’habitacle, et alors que traditionnellement les restylages de citadines s’arrêtent à la coquille, le géant japonais a décidé de redessiner aussi la casquette de planche de bord, d’effiler les aérateurs et de revoir en surface le dessin des contre-portes et du bandeau de planche de bord. Ce dernier peut dorénavant adopter une couleur rouge bien flashy en option sur la finition Style et est d’origine couleur caramel sur la plus classe nouvelle finition Lounge.
Les modifications esthétiques s’arrêtent toutefois là. À noter que la longueur, avec les nouveaux pare-chocs, s’établit désormais à 3,95 m, soit 5 cm de plus que précédemment. Pas de quoi en faire une géante parmi les citadines polyvalentes (la Renault Clio mesure 4,06 m par exemple) d’autant que les cotes d’habitabilité n’évoluent pas d’un mm.

Moteurs et châssis évoluent aussi

TOYOTA YARIS_6

Il n’y a pas qu’esthétiquement que la Yaris cru 2014 prend du corps. Les moteurs évoluent aussi. Très peu pour les 1.3 VVT-i essence 100 ch (moins de bruit et de vibrations) et diesel 1.4 d-4D 90 (nouvelle bielle de réaction pour minimiser les mouvements moteurs). Beaucoup plus pour le 3 cylindres 1.0 69 ch, profondément revu, comme sur la petite sœur Aygo. Il respecte désormais la norme Euro6, améliore son rendement, passe à un taux de compression de 11,5 : 1 au lieu de 10,5, intègre son collecteur d’échappement à la culasse, diminue ses frottements internes et gère mieux son refroidissement moteur. Tout ça pour passer à 4,3 litres aux 100 km en consommation mixte et 99 g de CO2, contre 4,8 litres et 110 g précédemment.

La version hybride bénéficie elle aussi d’une mise à jour. De nouveaux réglages, et une meilleure récupération d’énergie au freinage permettent, sans autre modification, de passer de 3,5 l/100 km et 79 g de CO2/km à 3,3 l/100 km et 75 g de CO2 par km.

Pour finir, direction et amortissement ont aussi été améliorés. La première adopte une nouvelle « logique » d’assistance, plus franche et directe, tandis que le second bénéficie de nouveaux amortisseurs qui intègrent un ressort de détente qui permet de maîtriser davantage le roulis en virages serrés.
Toutes ces modifications forment sur le papier un ensemble très cohérent. Concrètement le design fait plus tourner les têtes qu’auparavant, c’est aussi évident que de mettre un point sur un i, et pour le reste, notre galop sur les routes teutonnes de la région de Düsseldorf nous a donné quelques indications.

Sur la route : zenitude parfois troublée

TOYOTA YARIS_7
Il faut dire qu’avec sa consommation moyenne de 3,3 litres aux 100 km, ses coûts d’entretien réduits, et un bonus de 8,25 % du prix de vente et de 1 650 € au minimum, elle a de quoi séduire.
La nouvelle mouture se conduit exactement comme l’ancienne. Pas surprenant, vu que châssis et chaîne de traction sont identiques. Enfin pas tout à fait. La direction revue et un peu plus informative rend le comportement un poil plus agile, sans que ce soit non plus extrêmement sensible. Les nouveaux amortisseurs à ressort de détente intégrés contiennent également mieux le roulis, et là, ça se traduit sur le terrain par une caisse mieux maintenue. 
Pour l’utilisateur, le fonctionnement est parfaitement transparent. On passe des 3 modes de fonctionnement possibles presque sans aucun à-coup. Mode 100 % électrique, que l’on peut forcer par un bouton, si la batterie est bien chargée, mode combiné qui utilise le moteur électrique en renfort pour les accélérations ou reprises, ou bien mode 100 % thermiques se mêlent harmonieusement.
En ville, c’est particulièrement appréciable, et l’on évolue en toute quiétude tant que l’on ne demande pas trop de puissance à la voiture. Difficile toutefois de rester en mode électrique longtemps, sous peine de se faire klaxonner. La mise en route du moteur thermique se fait sans heurt, et il reste discret à allure tranquille.
Dans ces conditions, la consommation oscille entre 4,5 litres aux 100 km en réel dans le cas d’une éco-conduite poussée et grimpe à 6 litres en cas de conduite plus nerveuse. On regrettera, avec les roues de 16 pouces, un diamètre de braquage conséquent de 11,6 mètres (10,2 pour les 15 pouces) qui rend les manœuvres parfois plus délicates.
En dehors de la ville, performant mais bruyant
Sorti de la ville, la puissance combinée des deux blocs (101 ch), avec l’apport en couple du moteur électrique (169 Nm) permet de bonnes performances. Accélérations et reprises sont vigoureuses. Mais c’est lorsque le besoin de puissance se fait sentir qu’apparaît le principal défaut de cette Yaris. Le bruit.
Même si l’insonorisation a été optimisée, le principe de la transmission fait que le moteur prend un maximum de tours/min. Du coup, le bruit devient soutenu et lors des grosses accélérations, dépassements ou rampes autoroutières, cela devient vite fatiguant pour les oreilles.
Le frein moteur, aux abonnés absent en position D de la boîte, peut être augmenté en position B. Utile dans les descentes de col par exemple.
Le bilan consommation sur route et autoroute est presque le même qu’en ville, avec 4,2 au mini sur route tranquille, et jusqu’à 6,5 litres au grand maximum, conduite dynamique passée par là. 
On terminera avec l’environnement de conduite. L’ergonomie est bonne, la disposition des commandes rationnelle, la position facile à trouver avec un réglage en hauteur et profondeur du siège et du volant. L’écran multimédia Toyota Touch 2 s’apprivoise en quelques minutes et permet désormais d’avoir accès à certaines applications du type Coyote, à Internet et Google Street view par exemple. L’écran a au passage quadruplé sa définition et gère désormais le « glisser-déposer ».
Les passagers à l’arrière disposent d’une place correcte pour la catégorie, même si la garde au toit est un peu limite(les batteries sont sous le siège arrière). Et les bagages prennent place dans un coffre de 286 litres, suffisant en volume mais au seuil de chargement un peu élevé.

Equipement : complet mais de petites mesquineries

TOYOTA YARIS_9
TOYOTA YARIS_10
Avec le restylage, Toyota diversifie sa proposition en terme de finitions. Bon à savoir, les carrosseries 5 portes sont 600 € plus chères que les 3 portes, et la boîte automatique CVT, uniquement disponible sur le 1.3 VVT-i 100, majore le prix de 1 200 €.
En finition de base Active, la Yaris embarque un bon contenu de sécurité, avec 7 airbags dont un airbag genoux conducteur, l’ESP, le contrôle de motricité, le signal de freinage d’urgence et un régulateur de vitesse (mais uniquement sur le diesel 1.4 D-4D…). Elle ajoute les vitres avant électriques, le verrouillage centralisé, le système audio CD 6 haut-parleurs avec connectique USB et auxiliaire, les commandes au volant.
Le deuxième niveau Tendance, contre 900 €, ajoute les jantes alliage 15 pouces, les phares antibrouillards cerclés de chrome, les poignées de porte et rétros couleur carrosserie, la climatisation manuelle, le compte-tours.
Le troisième niveau Dynamic, contre 700 € en sus, ajoute lui le régulateur limiteur de vitesse, le système Toyota Touch 2 à écran tactile 7 pouces, Bluetooth, et caméra de recul, la planche de bord « soft touch », les rétros extérieurs chauffant.
Ensuite on retrouve deux lignes de finition qui se distingue surtout, l’une par un côté jeune et sportif, l’autre par un côté chic et urbain.
La « Style » adopte, sur base de Dynamic et contre 1 000 € les freins arrière à disque, la calandre nid-d’abeilles, les feux arrière à LED, les vitres surteintées, les feux de jour à LED également, les vitres arrière électriques, les jantes alliage de 16 pouces, l’accoudoir avant, une sellerie spécifique noire et rouge.
La ligne typée chic est la « Lounge », qui sur base de Dynamic toujours et contre 2 250 €, ajoute la calandre noire vernie, la sellerie cuir/tissu, les feux de jour et feux arrière à LED, les freins arrière à disques, le système d’ouverture et démarrage sans clé « Smart Entry & start », les vitres arrière électriques, le pack Confort (climatisation auto, boîte à gant ventilée, allumage auto des phares et des essuie-glaces, rétro intérieur électrochrome, rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement).
Les modèles hybrides sont un peu mieux équipés puisque la finition Dynamic intègre d’office la climatisation automatique bi-zone et le système de démarrage sans clé. La deuxième finition en hybride s’appelle « Attitude » et ajoute contre 850 € les jantes de 16 pouces, les feux arrière à LED et feux de jour à LED, les vitres arrière surteintées.
On pestera contre quelques mesquineries comme l’absence de fonction impulsionnelle sur les vitres électriques, que l’on trouve aujourd’hui sur toutes les citadines, ou des miroirs de courtoisie qui s’éclairent mais pas automatiquement, il faut déplacer un bouton, ce qui, en conduisant, n’est pas pratique.
Quelques options agrémentent ensuite le quotidien.
Le pack Confort seul est une option à 600 € que l’on peut souscrire sur les finitions Dynamic et Style.
La planche de bord rouge est à 150 € uniquement sur finition Style.
Le système de navigation Toyota Touch & Go 2 est facturé 500 €.
Le toit panoramique vitré Skyview (sur finitions Style et Lounge uniquement) est facturé 600 €.
La sellerie cuir se monnaye 1 200 €.
Le radar de recul 300 €.
Personnellement nous vous conseillons une finition Dynamic agrémentée du système de navigation. À moins que vous ne souhaitiez absolument pouvoir disposer de l’intérieur rouge, auquel cas il faudra choisir une finition Style avec l’option planche de bord rouge à 150 €.

Bilan : sacré outsider

TOYOTA YARIS_8

La Yaris est comme le bon vin, elle se bonifie avec le temps. Elle s’améliore en effet, et c’est bien la moindre des choses, sur plusieurs plans. Plus jeune de style, mieux équipée dans ses nouvelles finitions hautes, bénéficiant d’un comportement plus homogène et toujours d’une excellente version hybride, elle est tout à fait capable de faire de l’ombre aux références établies (Clio, 208, etc.). Elle est d’ailleurs bien placée niveau tarifs (avant remise), et bénéficie d’une garantie 3 ans.
Elle n’est pas parfaite, avec toujours des lacunes niveau bruit sur l’hybride, quelques mesquineries d’équipement typiques des modèles japonais, ou un rayon de braquage important avec les grosses jantes, mais rien n’est rédhibitoire dans l’affaire. Alors certes une Clio sera plus spacieuse, une 208 plus efficace encore sur la route, une Fiesta moins chère. Le choix devient alors une affaire de goût. Et Toyota fait tout justement pour donner du goût à ses nouveaux produits.
Positionnée 200 € plus chère que sa version avant restylage et même au même prix concernant l’hybride, elle est un excellent outsider, avec pour finir l’argument du « made in France »…
Source: www.caradisiac.fr
Par |novembre 18th, 2015|Auto|Comments Off on Essai Toyota Yaris 2014

Les commentaires sont fermés .