Après le Captur, Renault poursuit son offensive sur le marché des SUV avec le Kadjar, un modèle familial qui concurrence directement les Peugeot 3008 et Nissan Qashqai. Sa principale qualité: celle d’avoir bien peu de défauts.

Début de commercialisation du modèle :
Renault Kadjar: Juin 2015


Taux d’émission de CO2 et bonnus/malus de la version la plus écologique: 99g/km – Bonus = 0 €


SUV familial 5 places, 4,45 m de long
Transmission 4×2 (motricité renforcée en option) ou 4×4
Ses cibles : Peugeot 3008, Nissan Qashqai, Kia Sportage…
A partir de 22 990 €

Paradoxe: Renault, qui souvent se vante d’avoir raison avant les autres, aura attendu le printemps 2015 pour proposer un SUV familial « fait maison » et crédible à sa clientèle. En effet, ce n’est pas avec le terne Koleos (un peu trop gros, un peu trop glouton, et surtout bien trop fade), « emprunté » à sa filiale coréenne Samsung, que le constructeur français pouvait espérer inquiéter les Peugeot 3008, Nissan Qashqai, VW Tiguan et autres Kia Sportage. Il y avait donc une véritable lacune dans l’offre du losange, que le succès du petit Captur soulignait avec d’autant plus de force. Mais ce mauvais cycle a une fin, que marque l’arrivée du Kadjar dans les halls des concessions.

kadjar vue avant

Techniquement, pas de surprise. La plate-forme utilisée pour le Kadjar est la même que celle du Qashqai de Nissan, ce qui préserve des mauvaises surprises et déceptions. Les deux véhicules partagent en effet certaines motorisations et transmissions, ainsi que leurs trains roulant et autres éléments électriques et électroniques. De fait, les dimensions des deux voitures sont quasiment identiques: long de 4,45 m, le Kadjar mesure 7cm de plus que le Qashqai grâce à un étirement de la partie arrière qui bénéficie directement au volume de coffre. Celui-ci s’établit à 472 dm3 (430 pour le japonais) et peut même approcher 1,5 m3 une fois les banquettes arrières rabattues. Notons au passage que le Kadjar soigne les aspects pratiques avec sur les finitions Edition One (disponible au lancement) et haut de gamme Intens une fonction dite « Easy Break »: les dossiers de banquettes arrières se rabattent selon un découpage 2/3 – 1/3 en tirant simplement des manettes situées sur les parois du coffre. Le cache-bagages à enrouleur peut quant à lui prendre place dans l’un des deux compartiments de la soute à double plancher, tandis que le siège passager avant se plie pour former tablette, permettant le chargement d’objets longs (jusqu’à 2,55 m.). Le Kadjar est donc un véhicule pratique, mais l’on n’en attendait pas moins du créateur de l’Espace ou du Scénic.

kadjar tableau de bord

Ergonomie sans reproche du poste de conduite, mais présentation sans fantaisie. Trop de plastiques durs, également

Peu de surprises dans l’habitacle, spacieux et ergonomique. Le Kadjar n’est pas doté d’une grande tablette verticale comme le nouvel Espace, mais reçoit (en série sur Intens, option à 800 € sur les autres) le système R-Link 2 à écran tactile et commande vocale, avec une interface parmi les plus agréables et faciles à utiliser de l’industrie automobile. Celui-ci embarque une cartographie TomTom et un Coyote pour vous avertir des fameuses « zones de dangers ». La note high-tech se voit renforcée par le compteur à affichage 100% digital, ce qui permet d’en faire varier les modes d’affichage (4 modes de visualisation conférant une ambiance plus ou moins sportive, couleurs variables).

KADJAR PLACE AV
KADJAR PLACE ARR
Pour le reste, on retrouve l’ambiance très typée Renault, un peu trop « plastoc » dans les coins mais globalement bien pensée. Les commandes tombent sous la main, la vision périphérique satisfait, et ceci permet de se sentir immédiatement à l’aise au volant. Un vaste toit vitré (surface de 1,4 m2) figure au catalogue des options (600 €), mais l’on regrette que son occultation par vélum électrique impose de garder le doigt posé sur le bouton tout le long du processus. Une commande par impulsion serait plus appropriée.
Trois moteurs seront proposés dans un premier temps. L’essentiel des ventes sera assuré par le bien connu bloc dCi 110, qui sera le seul à laisser le choix entre la boîte manuelle 6 rapports et la transmission automatique à double embrayage EDC. Dans les deux cas, les émissions de CO2 s’établissent à 99 g de CO2/km avec les roues de 17 pouces (103 g/km avec les roues de 19’’). Au niveau de puissance supérieur, on trouvera un dCi 130, disponible en traction ou avec une transmission intégrale qui fonctionne selon trois lois : mode 2 roues motrices / mode automatique qui répartit le couple entre les deux essieux selon les conditions de roulage / mode « Lock » avec 50% du couple sur le train arrière. Notez que les Kadjar à deux roues motrices peuvent se voir dotés d’une fonction Extended grip (option à 250 €) qui, associée à des pneus Mud & Snow, en améliore l’aisance sur terrain difficile. Un excellent compromis pour qui est à la recherche d’un véhicule polyvalent sans s’encombrer d’une transmission intégrale forcément plus gloutonne. Pour notre part, nous avons conduit le Kadjar avec sa motorisation essence, à savoir le 1.2 TCe de 130 ch, dans sa finition haut de gamme Intens qui est aussi la plus typé route avec ses roues de 19 pouces. Cela ne nous a pas empêché de soumettre l’auto à des conditions relativement difficiles, dont elle s’est sortie avec brio.

Sur la route: sans surprise (mauvaise ou bonne)

Contact. Par bouton poussoir. Le bloc 1.2 essence brille par sa discrétion au ralenti, et a surtout le bon goût d’épargner aux passagers toute vibration intempestive. Confortablement installé dans des sièges offrant un bon maintien, le conducteur du Kadjar se sent immédiatement à l’aise grâce à une position de conduite parfaitement ajustable. Toutefois, si le diamètre de braquage se montre faible (10,72 m), on regrette qu’il faille longtemps tourner le volant pour obtenir ce résultat, ce qui n’est guère pratique en ville.
Dès les premiers kilomètres, le bloc 1.2 convainc par son allant et sa bonne volonté lors des montées en régime. Les accélérations sont vives, et les relances sécurisantes. Ainsi gréé, le Kadjar, véhicule relativement léger avec 1,3 tonnes à vide, fait preuve d’un bon tonus. Sixième rapport enclenché, le compte-tours indique un régime à peine supérieur à 2 800 tours à 130 km/h, ce qui est peu. Le moteur se fait alors très silencieux.
Toutefois, s’il fait preuve d’un bel allant, ce moteur manque un peu trop de couple à bas régime, ce qui impose souvent de jouer du levier de vitesses. Pour s’extraire des épingles, il n’est pas rare de devoir repasser la première. L’autre conséquence, plus fâcheuse, de ce caractère est la nécessité de tirer un peu sur les rapports intermédiaires, ce qui augmente fatalement la consommation de carburant. Sans respecter les préceptes de l’éco-conduite, et avec parfois un très fort vent de face qui ne risquait pas d’arranger notre bilan carbone, nous avons constaté une consommation proche de 9,5 l/100 km. En utilisation courante ville/route, il faudra probablement tabler sur 7 à 8 l/100 km (quand les chiffres officiels font état de 5,8 l/100 km avec les roues de 19).
kadjar sur route
Comme à l’accoutumée chez les productions Renault, le comportement routier se montre aussi sécurisant qu’efficace, tandis que le freinage fait preuve d’un bon mordant. Les limites d’adhérence sont lointaines, et une batterie d’assistances électroniques veille de toute façon au grain. Dans le cadre d’une utilisation familiale, c’est parfait. Les suspensions filtrent efficacement les inégalités de la route, mais se montrent un peu trop souples dans le cadre d’une conduite enlevée. Autre contrepartie de ce confort, une tendance de l’auto à se « vautrer » lors des freinages appuyés. Résulte de tout ceci un caractère que l’on qualifiera de placide, pas très excitant certes, mais bien adapté à ce qu’attendent la plupart des automobilistes.
Quittons maintenant le bitume pour des voies moins balisées. La présentation du Kadjar à la presse a eu lieu dans le désert des Bardenas, en Navarre, au nord de l’Espagne, un cadre époustouflant qui nous a permis de constater d’excellentes aptitudes à l’évasion. Le Kadjar a en effet quelques prédispositions à la balade, ceci grâce à une garde au sol de 20 centimètres, un angle d’attaque de 18°, un angle de fuite de 28° et des skis avant et arrière qui en protègent les soubassements. L’on peut donc s’attaquer aux chemins creux sans trop d’appréhensions, d’autant que la souplesse des suspensions, pas toujours agréable sur la route, a ici le mérite d’« effacer » les ornières et autres trous. Et c’est ainsi que, malgré l’absence du système Extended Grip évoqué plus tôt, nous avons pu attaquer des passages parfois un peu délicats pendant une demi-journée sans que l’auto se montre à la peine. Même si rares seront les clients à traîner l’engin dans la boue, il est toujours bon de savoir que cela reste possible.

Les différentes gammes

La gamme Kadjar s’articule en cinq niveaux d’équipements, dont nous vous livrons ici les principales caractéristiques.

kadjar finition de base

Life
  • Conduite : aide au démarrage en côte, régulateur-limiteur de vitesse
  • Confort : climatisation manuelle, 4 vitres électriques, radio CD MP3, Bluetooth, reconnaissance vocale, prise USB et jack, rétroviseurs électriques et dégivrants
  • Aspects pratiques : banquette arrière 1/3 – 2/3
  • Style : jantes alliage 17’’, volant cuir
  • Options : Pack R-Link 2 (800 €), Peinture métallisée (620 €), Peinture métallisée spéciale (720 €), roue de secours galette (120 €)

kadjar finition supérieur

Zen (Life + …)
  • Conduite : aide au parking arrière, alerte de franchissement de file, capteurs de pluie et de luminosité, feux de route automatiques, reconnaissance des panneaux de signalisation,
  • Confort : carte d’accès et démarrage mains-libres, climatisation automatique bizone
  • Aspects pratiques : barres de toit chromées, coffre compartimentable
  • Style: vitres et lunettes arrière sur-teintées
  • En option : Pack R-Link 2 (800 €), Toit en verre fixe et rétroviseur électrochrome (600 €), Caméra de recul + aide au parking AV/AR (400 €), Extended grip (250 €), Jantes alliage 19‘’ (500 €), Peinture métallisée (620 €), Peinture métallisée spéciale (720 €), roue de secours galette (120 €)
Business (Zen + …)
  • Conduite : aide au parking avant
  • Confort : système multimédia R-Link 2 (GPS, etc.)
  • En option : Pack sécurité (450 €), Peinture métallisée (620 €), Peinture métallisée spéciale (720 €), roue de secours galette (120 €)
Edition One* (Zen +…)
  • Conduite : aide au parking avant
  • Aspects pratiques : fonction Easy Break de la banquette arrière, siège passager avant repliable
  • Style : jantes alliage 19’’
  • En option : Caméra de recul + aide au parking AV/AR (400 €), Pack sécurité (450 €), Extended grip (250 €), Toit en verre fixe et rétroviseur électrochrome (600 €), Peinture métallisée (620 €), Peinture métallisée spéciale (720 €), roue de secours galette (120 €)
*Finition disponible au lancement
Intens (Zen + …)
  • Conduite : aide au parking avant et latérale, caméra de recul ; détecteur d’angle mort, freinage actif d’urgence
  • Confort : système multimédia R-Link 2 (GPS, etc.)
  • Aspects pratiques : fonction Easy Break de la banquette arrière, siège passager avant repliable
  • Style : jantes alliage 19’’, projecteurs avant full LED, sellerie mixte cuir/tissu
  • En option : Extended grip (250 €), Toit en verre fixe et rétroviseur électrochrome (600 €), Pack cuir (1 600 €), Bose sound system (600 €), Peinture métallisée (620 €), Peinture métallisée spéciale (720 €), roue de secours galette (120 €)

Bilan : Il coche les cases

Le Kadjar réunit les ingrédients d’un succès. Son style est plaisant, son équipement correspond aux bons standards de la catégorie, son habitabilité et ses aspects pratiques satisfont, et les SUV et crossovers ont le vent en poupe. De plus, sa principale cible, la Peugeot 3008, voit sa fin de carrière approcher. Enfin, l’image de marque et la force du réseau Renault devraient attirer des clients jusqu’ici séduits par le Nissan Qashqaiavec lequel le Kadjar partage l’essentiel de sa définition technique. Pour toutes ces raisons, l’on peut prédire sans grand risques au nouveau venu une belle carrière. Quand on arrive tard sur un créneau de marché, il est plus facile de viser juste.

LES PLUS

check vert1 Prix/prestations

check vert1 Aspects pratiques

check vert1 Aptitudes tout-terrain

check vert1 Confort

check vert1 R-link 2 bien pensé

LES MOINS

rouge check Sensations de conduite très quelconques

rouge check Présentation de l’habitacle