Grand Prix de Malaisie : En fin stratège, Sebastian Vettel (Ferrari) a terrassé les Mercedes

Sebastian Vettel a offert à Ferrari sa première victoire depuis presque deux ans, dimanche au Grand Prix de Malaisie, en battant Lewis Hamilton et Nico Rosberg (Mercedes) sur le terrain de la stratégie. Mais pas seulement : l’Allemand a montré que la SF15-T avait fait des progrès spectaculaires en rythme de course.
SEBASTIAN VETTEL_MALAISIE
Sebastian Vettel avait été interdit par Ferrari d’assister à une réunion technique de Mercedes, qui sur proposition de Nico Rosberg à l’arrivée du Grand Prix d’Australie l’avait sympathiquement invité vendredi à Sepang, pour découvrir comment les Gris procédaient lors d’une réunion technique.
Le quadruple champion du monde allemand n’avait pas besoin de ces secrets. Dimanche, en Malaisie, il a fait parler son sens tactique et sa pointe de vitesse pour remettre une Ferrari au sommet d’un podium, pour la première fois depuis le 12 mai 2013, au Grand Prix d’Espagne. Et mettre en échec les Flèches d’argent d’une façon inattendue.

Ferrari a peut-être raté un doublé

Dans une chaleur suffocante (33°C dans l’air, 62°C sur la piste), le transfuge de Red Bull a réussi son tour de force en deux temps, pour sa deuxième course en rouge. Il a tout d’abord choisi de rester en piste lors de la neutralisation de début de course, puis il a fait durer plus longtemps ses pneus « medium » que ses adversaires à l’Etoile. Tout en maintenant un rythme nettement plus élevé.

Lewis Hamilton a fini 2e à 8″5 et Nico Rosberg 3e à 12″3. Kimi Räikkönen, 4e à 53″, a aussi demontré la forme éclatante de la « rossa » en effectuant une superbe remontée de la 18e place après un tour au ralenti en début d’épreuve, suite à une crevaison occasionnée par le débutant Felipe Nasr (Sauber).

Verstappen 7e merveille

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Derrière ce quatuor, Williams a confirmé son statut de troisième équipe du plateau. Valtteri Bottas, forfait à Melbourne, a réglé son coéquipier Felipe Massa pour la 5e place dans le 55e des 56 tours.

Un exploit, enfin. Max Verstappen, 17 ans et 180 jours, est devenu le plus jeune pilote à marquer des points, ceux de la 7e place. Devant son coéquipier de Toro Rosso, également débutant, Carlos Sainz.

Hamilton l’avoue : il était incapable de gérer ses pneus aussi bien que Vettel

Lewis Hamilton a reconnu l’infériorité technique de sa Mercedes vis-à-vis de l’utilisation des pneus par rapport à Sebastian Vettel (Ferrari) dimanche.

Lewis Hamilton (Mercedes) a peut-être payé dimanche le manque de roulage vendredi (un problème moteur) qui l’avait empêché de fouiller les réglages de sa W06. Et donc d’en peaufiner l’équilibre pour limiter l’usure des gommes.

Très tôt dans le Grand Prix de Malaisie, le Britannique a rencontré des problèmes de glissade du train avant, et une retouche de son aileron avant au stand n’y a rien changé. Sur trois haltes comme lors de sa victoire dans l’épreuve l’an dernier, il n’a jamais été en meusre de suivre le rythme de Sebastian Vettel (Ferrari), qui s’est contenté de deux.

LEWIS HAMILTON_GP MALAISIE

« Bravo à Sebastian et à Ferrari, ils ont fait un travail incroyable. Une deuxième place n’est jamais décevante et j’ai donné tout ce que je pouvais », s’est exclamé le double champion du monde, avant de détailler son parcours. « Nous savions qu’en venant ici ils (Ferrari) avaient une excellente voiture. Ils étaient tout simplement trop rapides pour nous. C’est bon pour la F1 d’avoir un autre vainqueur. »

« Nous allons réagir collectivement et travailler dans les domaines où nous avons perdu du temps », a-t-il poursuivi. « Je ne peux pas dire si nous avons commis une erreur en rentrant au stand (ndlr : lors de la neutralisation au 4e tour), je ne m’attendais pas à ce que si peu de pilotes fassent de même. Il faut maintenant regarder avec les ingénieurs si nous aurions pu faire mieux. »

« J’ai lutté toute la course avec l’équilibre de ma voiture, beaucoup de sous-virage et je ne pouvais pas gérer mes pneus correctement. Quand nous avons chaussé les pneus ‘medium’, la voiture était bonne, voire meilleure, j’ai donc pu être un peu plus consistant pour réduire l’écart. »

« On m’a dit à la radio que ça n’allait pas être ce train de pneus et nous avons chaussé les autres (ndlr : les « dur »), dont je savais que ça n’allait pas être le choix de gommes idéal. J’ai fait du mieux que je pouvais, je pense que l’équipe a fait les meilleurs choix possibles. »

La principale conséquence de tout ça est qu’il se retrouve à porté de Vettel au championnat. « Vettel est à trois points de moi, il va falloir travailler dur », a-t-il commenté. « Je ne sais s’il y aurait eu une différence si j’étais resté en piste comme Vettel. Ils étaient probablement aussi bons, voire même un peu meilleurs dans la gestion de la dégradation de leurs pneus, donc cela aurait finalement été très serré. »

Les plus belles photos du grand prix de malaisie

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Fernando Alonso et Jenson Button (McLaren) unis dans la déception. Double abandon.

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En qualification comme en course, Nico Rosberg (Mercedes) a subi les événements. Troisième samedi et dimanche, et troisième au championnat.

ROMAIN GROSJEAN MALAISIE

Deux Grands Prix et toujours zéro point pour Romain Grosjean (Lotus). A l’arrivée mais à la plus mauvaise place. 11e.

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« Ça m’a fait mal de me faire prendre un tour par mon ancien coéquipier », a confié Daniel Ricciardo (Red Bull), 10e.

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Pastor Maldonado (Lotus) s’est encore distingué, en roulant trop vite pendant la neutralisation… En 5 ans de F1, il n’a jamais vu le drapeau à damier de ses deux premières courses.

Source: www.eurosport.fr