Une victoire in extremis et historique pour Sébastien Ogier

OGIER_RALLYE DE SUEDESébastien Ogier (VW) a inscrit son nom au palmarès du Rallye de Suède pour la deuxième fois, dimanche, ce qu’aucun pilote non-nordique n’était parvenu à faire dans l’histoire de l’épreuve.
Même Sébastien Loeb, premier non-Nordique au palmarès en 2004, ne l’avait pas fait. Dimanche, Sébastien Ogier (Volkswagen MST) est entré de plain-pied dans la légende du WRC en triomphant une seconde fois sur la neige et la glace suédoises après 2013, ce qu’aucun extra-Nordique n’était parvenu à réaliser. Avec l’indicible plaisir d’avoir soufflé la victoire dans la dernière spéciale à Andreas Mikkelsen (Volkswagen MST II), leader parti à la faute, et résisté à l’assaut de Thierry Neuville (Hyundai WRT), finalement deuxième à 6″4.

« Les conditions ne nous ont pas souvent été favorables, vu notre position d’ouvreur sur la route les deux premiers jours. Cette victoire a vraiment une saveur particulière », a réagi le double champion du monde en titre, qui a confié avoir pris « beaucoup de risques. »

« J’étais à bloc, j’ai pris d’énormes risques mais tout s’est bien passé. Il n’y avait pas moyen d’aller plus vite », a commenté Neuville. « J’étais à fond. J’attaquais fort, trop sans doute », a avoué Mikkelsen, passé tout près de sa première victoire en WRC.

Avant le Gapençais, seul Kenneth Ericsson (Mitsubishi) avait remporté l’épreuve en délogeant le leader dans la dernière spéciale, en 1995. Et avant lui, seuls Ari Vatanen (1985), Tommi Mäkinen (1999), Sébastien Loeb (2004) et Marcus Grönholm (2006) avaient commencé la saison en gagnant le Monte-Carlo et en Suède.

Le plus rapide dans l’ES21 « Värmullsåsen 2″, support de la power stage sur 15,87km, Sébastien Ogier a ajouté trois points aux 25 récompensant son 26e succès en Mondial. Un carton plein, donc, sachant que son coéquipier et principal rival pour le titre, Jari-Matti Latvala, très retardé par une faute vendredi (ES9) et quatrième de la power stage, n’a rien marqué, son équipe ayant retiré sa voiture pour lui permettre de bénéficier de pièces neuves au prochain Rallye du Mexique.

Le Haut-Alpin, déjà vainqueur du Rallye Monte-Carlo en ouverture de la saison 2015, totalise 53 points au Championnat soit 23 de plus que le Belge Thierry Neuville et le Norvégien Andreas Mikkelsen.

Sébastien Ogier va rester pendant un an sous la menace d’une pénalité de deux minutes

Sébastien Ogier (VW) a mené des reconnaissances trop rapides en Suède. De nouvelles infractions l’exposent désormais à une lourde pénalité. Pendant un an.

Sébastien Ogier (VW) n’a pas passé un bon samedi en Suède. Les premiers passages dans la boucle de quatre spéciales du jour (ES11-ES14), le matin, l’ont rapproché à 0″7 du leader, Andreas Mikkelsen (VW), avant de chuter à 9″6 dans l’après-midi, victime de sa position de passage et des conditions de route.

Le Français pensait avoir passé une journée suffisamment pénible jusqu’à ce que les commissaires sportifs ne le rappellent à l’ordre et lui administrent une pénalité de deux minutes avec sursis pour des excès de vitesse répétés lors des reconnaissances de l’épreuve. « Le rapport établit que le pilote Sebastien Ogier a dépassé la limite de 70km/h à un total de cinq reprises, en plus de celles déjà notifiées dans les décisions n°12 et 13 du directeur de course, représentant un cumul de 49,3km/h », écrivent les commissaires de la deuxième manche du Mondial dans un document repris par le site britannique autosport.com.

Chaque km/h a été tarifé 25 euros, soit une addition de 1232,50 euros pour le double champion du monde. En sus des 313 et 570 euros d’amende qui lui avaient été infligés pour deux premiers manquements à la prudence.

Le plus embarrassant pour le n°1 mondial est que les commissaires n’en sont pas restés là et lui ont donc appliqué une pénalité exceptionnelle de deux minutes qui deviendra effective à la prochaine récidive en reconnaissances, cela « pendant la période d’une année ».

Un résultat « loin des ambitions » de Citroën

KRIS MEEKE_RALLYE DE SUEDE_SAUT

Une 7e place pour Kris Meeke à plus de quatre minutes du vainqueur et une 10e de Mads Ostberg à presque sept minutes : Citroën WRT a fait un flop en Suède et la faute incombe à ses pilotes.
Citroën WRT pointe à la quatrième place au Championnat du monde Constructeurs après la deuxième manche du WRC 2015, en Suède. Il faut être clair : Kris Meeke et Mads Ostberg y ont été médiocres. Sébastien Loeb avait montré que la DS3 pouvait se battre aux avant-postes au Monte-Carlo. La parenthèse refermée, Kris Meeke et Mads Ostberg n’ont pas fait de miracle sur le blanc manteau. Mais si on n’attendait pas d’éclats de la part du Britannique, on pensait que le Norvégien se battrait plus longtemps qu’une journée pour le podium, qui aurait été un résultat satisfaisant.
Pointé à 19″4 du leader, Andreas Mikkelsen (Volkswagen MST II), vendredi soir, il a plongé samedi dès le premier chrono (ES11) sur une crevaison fautive à l’arrière gauche qui lui a coûté 45 secondes, puis dimanche d’entrée, encore, en restant plus de cinq minutes prisonnier d’un mur de neige.

A 35 ans, Meeke doit montrer ce qu’il sait faire

Quant à Meeke, il a perdu une vingtaine de secondes dans un premier tête-à-queue le vendredi matin (ES4) – « Une faute bête : je n’ai pas bien jaugé le grip. J’ai heurté un mur de neige et effectué un 360° » – puis un second l’après-midi (ES7) dans lequel il a laissé quelques trois minutes. « Ce genre de mésaventure fait partie de mon apprentissage », a-t-il expliqué. Dimanche, il a fini par un nouveau tête-à-queue dans la power stage, sous la pression de son duel avec le jeune Elfyn Evans (Ford M-Sport).

Il disputait, certes, son deuxième Rallye de Suède mais à 35 ans il devrait montrer les avantages de sa maturité. La jeunesse n’a de toute façon rien de rédhibitoire en Suède et peut autoriser le meilleur. Pour son premier rallye, en 2010, Sébastien Ogier (Citroën) avait terminé cinquième. Bref, le scratch de Meeke dans l’ES16, samedi, peut être considéré comme anecdotique d’autant que huit pilotes différents ont été distingués (dont Tidemand et Protasov) soit un de moins que le record du Rallye de Suède en Mondial (1987, 1995 et 2003). « En Suède, il faut être très propre dans son pilotage, mais j’ai été piégé à plusieurs reprises. Je dois continuer et éliminer ces erreurs », a reconnu le Nord-Irlandais. Il a tenté une autre explication, lundi, lors de son debrief, sur son site : « Les Scandinaves ont un avantage car ils sont habitués à piloter avec des clous quatre ou cinq mois dans l’année, même s’il faut préciser que les pneus que nous utilisons sur ce rallye ont quelque chose d’encore différent. »

Dans ces conditions, pas étonnant que le patron n’ait pas apprécié. « Les faits de course, nos quelques soucis techniques et les erreurs commises par nos pilotes font que le résultat est loin des ambitions que notre équipe présentait au départ », a déclaré Yves Matton, le directeur de Citroën Racing.

Source: www.eurosport.fr