Essai: Renault Zoe 2012

Savoir se faire désirer est l’une des spécialités des femmes. La Zoé, citadine féminine sur de nombreux points – et notamment son nom – ne déroge pas à la règle puisqu’il a fallu attendre presque un an pour pouvoir l’essayer. Espérons que cette attente soit justifiée et qu’un détail ne vienne pas tout gâcher…

Depuis de nombreuses années, Renault affirme qu’il veut devenir le spécialiste du véhicule électrique. Pour cela, le constructeur au losange a donc développé une gamme 100 % électrique qui se composait jusqu’alors du Kangoo ZE, de la Fluence ZE et de la Twizy. À l’heure actuelle, c’est donc 20 000 véhicules électriques badgés Renault qui parcourent l’Europe. Si ce chiffre peut paraître encourageant, il faut toutefois préciser que la majorité des achats sont l’œuvre d’institutions ou d’entreprises. Très peu de particuliers cèdent en effet aux charmes de la fée électricité. C’est justement pour modifier cette tendance que Renault nous propose aujourd’hui la Zoé. Après le concept-car dévoilé au Mondial de Paris 2010, puis la présentation du modèle définitif au salon de Genève 2012, il a en effet fallu patienter encore un an pour pouvoir se mettre au volant de cette Zoé. En cause, le système multimédia R-Link et le rechargement que l’on évoquera plus tard.

Sans surprise, nous retrouvons donc la Zoé, telle que nous avions pu la découvrir en avant-première avant le salon de Genève l’an passé. Alors que les trois autres membres de la famille ZE sont des dérivés de modèles thermiques, la Zoé a été conçue dès le départ comme un modèle 100 % électrique. Ce qui a bien sûr des conséquences sur le design. Celui-ci est particulièrement harmonieux, sympathique même puisque la Zoé arbore une bouille rieuse qui intègre la nouvelle identité visuelle de la marque. Le coup de foudre est assuré ou presque.

Certains détails rappellent qu’il s’agit d’un véhicule électrique puisque tous les chromes (logo, nom) sont bleutés. Un coloris présent au niveau des projecteurs avant, des feux arrière mais également des vitres arrière légèrement teintées. Au contraire des autres véhicules électriques, ici, pas de trappe disgracieuse au niveau de l’aile puisque la prise est masquée derrière le logo. Une vraie bonne idée.

zoe phare avant
zoe feu arrière

Dans l’habitacle, la Zoé affiche une planche de bord au dessin plaisant mais relativement classique. Au centre de celle-ci trône la console multimédia, qui accueille le système R-Link, de série. L’instrumentation, entièrement numérique, présente différentes informations comme la vitesse ou l’autonomie et change de couleur suivant votre type de conduite.

zoe compteurÀ l’arrière, même si le plancher peut sembler haut, pas de souci d’habitabilité, des adultes seront à leur aise. Le plus gros atout de la Zoé s’avère toutefois son coffre de 338 litres, supérieur à celui de la Clio 4, qui dispose également d’une banquette rabattable. Des caractéristiques rendues possibles grâce à l’implantation des batteries non pas dans le coffre, mais sous le plancher.

Uniquement disponible en 5 portes, la Zoé mesure 4,08 m, soit une longueur très proche de la Clio 4, mais la citadine électrique semble beaucoup moins large que sa sœur thermique. Une impression due au fait que la hauteur de la Zoé est plus importante que celle de la Clio.

zoe equipement 2

Sur la route : une vraie polyvalence et une autonomie intéressante

zoe route avant
zoe route derrière

Sur une électrique, le principal problème est l’autonomie. Entre les chiffres annoncés par les marques et la réalité, il y a souvent un décalage important. Ici, on ne peut que saluer la transparence de Renault. La marque indique que la Zoé peut parcourir 210 km en cycle normalisé mais qu’en usage normal, l’autonomie se situe aux environs de 100 ou 150 km. Et c’est la réalité : nous avons parcouru environ 130 km en conduisant normalement avec climatisation et radio. Un vrai atout.

Comme pour tout véhicule électrique, le démarrage demande une attention particulière puisqu’ici, pas de bruit de moteur pour indiquer que tout est prêt, juste une petite inscription « Ready » sur le tableau de bord. Animée par un moteur synchrone d’une puissance de 66 kW (soit l’équivalent de 88 ch) qui possède un couple de 220 Nm, la Zoé peut atteindre une Vmax de 135 km. Des caractéristiques qui lui permettent une vraie polyvalence. Effectivement, la ville est son terrain de prédilection mais pas seulement car les trajets périurbains sont parfaitement possibles, tout comme l’autoroute, bien qu’avec une autonomie largement moindre. En agglomération, le couple disponible tout de suite permet facilement de s’extraire du trafic et il est possible également de privilégier l’autonomie en appuyant sur le bouton « éco » implanté sur la console centrale, qui réduit la performance de la climatisation ainsi que la puissance du moteur et le préconditionnement programmable de l’habitacle. Aussi vaillante soit-elle, la Zoé est toutefois handicapée par son poids car avec près de 1 500 kg sur la balance (300 kg pour les batteries), elle manque sérieusement de relances et de reprises lorsque le relief devient plus accidenté.

Même si elle a été élaborée sur la même plate-forme que la dernière Clio avec des voix élargies et un centre de gravité rabaissé, la Zoé ne peut pas rivaliser avec sa sœur en termes de confort. Le sien est moins bon en raison d’un amortissement relativement ferme et de sièges qui se révèlent moyennement accueillants à la longue. Pour le reste, la tenue de route est sécurisante et largement suffisante pour l’usage de la Zoé, la direction est plutôt précise et le freinage efficace, doublé de surcroît d’une fonction de récupération d’énergie.

Le problème de la recharge

renault zoe charge

Comme toute voiture électrique, il est nécessaire de la recharger et dans ce domaine, la Zoé souffle le chaud et le froid. Ainsi, pour faciliter cette opération, Renault a installé un chargeur intégré qui tolère les différentes tensions (3 kW à 43 kW), ce qui est censé simplifier les choses Suivant le type de recharge que vous choisissez, le temps de chargement des batteries varie entre 30 minutes pour 80 % et jusqu’à 9 heures pour une charge standard. C’est justement là que l’on touche le principal défaut de la Zoé : il est impossible de la brancher sur une prise traditionnelle car Renault n’a pas et ne prévoit pas de développer un câble pour cela. Le constructeur a choisi une solution très contraignante puisqu’il faudra acquérir une Wall box, une sorte de station de recharge domestique qui demande un investissement supplémentaire de 1 000 € (achat et pose par un spécialiste comprise). Au-delà des problèmes habituels d’infrastructures liés aux véhicules électriques (manque de bornes, etc.), le choix de Renault complexifie sérieusement les choses, d’autant que le temps de recharge avec cet accessoire est long (entre 6 et 9 heures). Tout cela risque de rebuter nombre de clients potentiels. En effet, la marque au losange est le seul constructeur à avoir opté pour une telle technologie et en dépit de ses explications, nous restons perplexes.

Équipement : rien ne manque

La gamme de la Zoé se compose de trois finitions mais une chose est sûre, l’équipement est très complet dès l’entrée de gamme.
Ainsi, dès le premier niveau (Life), les futurs propriétaires de la Zoé bénéficieront du contrôle de stabilité, de l’ABS, de 6 airbags, des vitres avant électriques, de la climatisation automatique, du régulateur-limiteur de vitesse, de l’aide au stationnement AR avec caméra de recul, du Renault R-Link (radio et certaines fonctions typiques liées à l’électrique comme des conseils de conduite) ainsi que du pack My Z.E. Connect pour consulter à distance, sur Smart Phone ou PC, les informations liées à l’autonomie et les jantes 15 pouces.
Le second niveau (Zen) est dédié au bien-être et au confort. Il reçoit un diffuseur de senteurs actives, un ioniseur à fonctions purifiantes et relaxantes, un capteur de toxicité, des sièges en Téflon pour un nettoyage plus aisé, les jantes 16 pouces, la carte mains-libres, le système audio 3D Sound by Arkamys et le pack My Z.E. Inter@ctive pour l’activation ou l’arrêt de la charge à distance. À noter que la carte d’accès mains libres, les vitres avant électriques et la caméra de recul ne sont pas disponibles sur ce niveau.
Enfin, le troisième niveau Intens hérite pour le même prix que la finition précédente des mêmes équipements avec quelques nuances : le retour de la caméra de recul et la disparition du diffuseur de senteurs.

Bilan : la meilleure électrique du marché, mais…

Sans trop s’avancer, on peut clairement dire que la Zoé est tout simplement la meilleure électrique du marché. Au-delà de sa bouille craquante, de son équipement complet, de ses aspects pratiques convaincants, de ses qualités routières et de son autonomie certaine, la Zoé est malheureusement pénalisée par un facteur extérieur, à savoir la politique de Renault. En effet, on ne comprend pas pourquoi le constructeur, qui affirme que 80 % des clients effectueront leur recharge à leur domicile, n’a pas prévu de câble standard à cet effet et impose donc l’achat d’une Wall Box qui demande un coût supplémentaire et une intervention extérieure.
Dommage car les qualités de la Zoé sont certaines et on a vraiment l’impression que Renault se tire une balle dans le pied. Une opinion que les responsables de la marque réfutent en expliquant que cela risque de repousser simplement une partie des clients mais pas l’intégralité. C’est vrai que les clients de l’électrique sont tellement nombreux que Renault peut se permettre d’en perdre ! Autant dire que la future carrière commerciale de la Zoé semble très compromise.

Chiffres de ventes et immatriculations de voitures électriques en France

IMMATRICULATION PAR MODELE

 

 

L’Alliance Renault-Nissan a écoulé 200.000 voitures électriques

Avec 58% du marché mondial des voitures électriques, l’Alliance Renault-Nissan a pris le leadership sur ce marché.

L’Alliance Renault-Nissan annonce aujourd’hui avoir dépassé le cap des 200 000 voitures électriques à travers le monde. Sans surprises, c’est la Nissan LEAF qui est aujourd’hui la voiture électrique la plus vendue dans le monde.

Le communiqué de presse souligne notamment que les voituresélectriques de Renault pointent en tête des ventes de voitures électriques en Europe le mois dernier, portées par la ZOE. Les propriétaires de voitures électriques Renault-Nissan ont parcouru à ce jour près de 4 milliards de kilomètres.

L’Alliance Renault-Nissan explique qu’elle va continuer à travailler avec ses partenaires pour déployer les infrastructures de recharge nécessaires au développement du véhicule électrique à travers le monde.

L’engouement des français pour l’achat de véhicules électriques.

D’après le baromètre trimestriel d’octobre 2014, qui analyse les requêtes d’internautes français à la recherche d’un véhicule neuf, l’engouement des français pour l’achat de véhicules propres se confirme.

EMISSION_DE_CO2

Chaque trimestre, le site Kidioui.fr enregistre plusieurs centaines de milliers de requêtes d’internautes français à la recherche d’un véhicule neuf. L’analyse de ces requêtes compose une image très précise des attentes, désirs et besoins des français tant du point de vue des marques que des modèles, des prix ou des types de moteurs. Les Français recherchent des voitures de plus en plus propres

 Quand ils cherchent un véhicule neuf à acheter, le résultat de leurs recherches les amène vers des voitures neuves dont le taux d’émission moyen de CO2 est de plus en plus bas : de 123g/km à 120g/km, soit une baisse de 2,44% au troisième trimestre 2014 par rapport à 2013.

Cette baisse s’explique à la fois par une prise de conscience écologique de la population française, et à la fois par la stratégie des constructeurs automobiles qui ont fait de la « voiture propre » leur cheval de bataille. Aussi, les récentes mesures incitatives prises par le Gouvernement ont pesé dans la balance, et ont participé à accélérer cette tendance dont on commence aujourd’hui à percevoir les effets sur les ventes.

Une hausse considérable de l’intérêt global pour les véhicules électriques

Cependant, la véritable évolution concernant l’intérêt pour les véhicules propres se traduit dans la hausse importante des recherches portant sur les véhicules hybrides et électriques. Le nombre de requêtes portant sur des véhicules de ce type a augmenté de +80% en volume, passant de 1,44% au 3e trimestre 2013 à 2,59% au 3e trimestre 2014.

Les efforts conjugués des constructeurs automobiles, comme l’annonce de Nissan d’anticiper le superbonus écologique, et des pouvoirs publics avec les dispositions du projet de loi sur la transition énergétique prises en faveur du véhicule électrique, promettent de confirmer cette tendance dans le secteur dès 2015.

Sources: www.automobiles-propres.com / www.france-mobilite-electrique.org / photo: www.netcarshow.com