Renault Twingo : la nouvelle star

Après la Citroën C4 Cactus, la nouvelle génération de Twingo représente sans aucun doute l’une des nouveautés les plus attendues de 2014. Avec une telle pression, la citadine de Renault va-t-elle réussir son examen de passage ?

Taux d’émission de CO2 et bonus/malus de la version la plus écologique: 95g/km  bonus: 0 €

Début de commercialisation du modèle: Septembre 2014

La Twingo et les Français, c’est une véritable histoire d’amour. Avec la première, ce fut un coup de foudre. Dès le premier regard, vous avez craqué. Malheureusement, il y a eu la désillusion de la seconde génération. On l’attendait toujours aussi fun et décalée : elle s’est révélée triste et rationnelle. Grosse crise, séparation et on a même frôlé le divorce. Consciente de s’être égarée, la Twingo a consulté un chirurgien esthétique de renom en la personne de Laurens Van den Acker. Les opérations furent nombreuses et longues mais le résultat est à la hauteur des espérances. Aujourd’hui, la petite nouvelle est arrivée et l’idylle va de toute évidence repartir de plus belle, comme au premier jour.

Il faut dire que pour réussir ce miracle digne des plus belles œuvres du romantisme, la Twingo 3 n’a pas fait les choses à moitié. On ne parle pas ici d’un coup de rimmel ou d’un peu de rouge à lèvres, mais d’une véritable transformation, voire d’une cure de jouvence. Quand on est face à elle, on retrouve la bouille aguicheuse du début, avec ses deux grosses optiques qui côtoient deux plus petites circulaires, tandis que ses ailes arrière élargies rappellent son aïeule, la R5 Turbo. Même si l’ensemble lui donne sans aucun doute possible des faux airs de Fiat 500, la métamorphose est réussie. Et pour finir de faire chavirer les cœurs, elle peut se parer de certains artifices grâce à de nombreux kits de personnalisation.
C’est bien connu : avec l’âge, on a tendance à s’embourgeoiser. Un coup de bistouri et la longueur a diminué de près de 10 cm pour atteindre 3,60 m (c’est tout de même 13 cm de plus que ses concurrentes Peugeot 108 et Citroën C1) et le poids se situe désormais sous la barre des 1 000 kg. Mais ce n’est pas tout, pour renforcer son pouvoir de séduction, la Twingo se veut désormais plus pratique, en étant disponible exclusivement en 5 portes. Une première !

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L’opération séduction continue dans l’habitacle avec une planche de bord particulièrement agréable à regarder. Elle se compose d’une instrumentation mélangeant numérique et analogique. Au centre trône, dans notre version, le système multimédia R-Link, désormais bien connu, regroupant la navigation, la radio, etc. Suivant la finition choisie, plusieurs types de boîtes à gants sont disponibles (fermée, ouverte ou nomade). Il faut noter que des pièces de couleurs (contours instrumentation, contre-portes ou volant) viennent agrémenter l’ensemble.

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Même si les dimensions extérieures de la Twingo diminuent, le fait d’avoir implanté le moteur sous le coffre a permis d’avancer le poste de pilotage au maximum. Résultat : + 12 cm pour l’empattement qui atteint 2,49 m et donc un gain d’espace intérieur de 33 cm. Cela profite bien évidemment aux passagers. À l’arrière, si l’espace aux genoux est plus généreux qu’à bord des 108 ou C1, il demeure inférieur à la précédente génération. Les passagers devront toutefois composer avec des vitres arrière entrebâillantes et une banquette arrière désormais fixe. Dommage. Le volume de chargement oscille pour sa part entre 188 et 980 litres, ce qui est bien pour la catégorie, d’autant plus qu’il est facile à charger malgré un seuil un peu haut. Il est aussi possible de rabattre le dossier du siège passager avant, permettant le chargement d’objets de 2,30 m maxi.

Sur route : digne d’une grande

5 portes, une bouille inédite, cette troisième génération de Twingo change du tout au tout mais la vraie révolution est invisible. En effet, pour la concevoir, Renault s’est associé à Daimler et plus particulièrement à Smart. La Twingo est donc la cousine de la prochaine ForFour. Techniquement, cela signifie que la nouvelle citadine de Renault est une propulsion (roues arrière motrices). Son moteur est donc implanté en position arrière (sous le coffre) comme c’était le cas de certains anciens modèles de la marque, telles la Dauphine ou la 4 CV.

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Cette architecture complètement inédite a de nombreuses répercussions sur le comportement de cette Twingo, qui peut désormais braquer à 45° (contre 30° pour l’ancienne) et dispose d’un diamètre de braquage de seulement 9 m, ce qui facilite grandement toutes les manœuvres en ville, notamment les demi-tours et les créneaux qui deviennent des jeux d’enfants, une capacité hors norme à braquer qui surprend.Particulièrement confortable grâce à sa position de conduite surélevée, cette Twingo est loin de démériter sur la route où elle fait preuve, avec le TCe 90 ch, d’une polyvalence inattendue.
Même en conduite dynamique, elle ne se désunit pas : pas de mouvement de caisse exagéré, ce qui permet de garantir un bon confort pour les passagers. La direction à démultiplication variable, présente uniquement sur la TCe, se montre agréable à toutes les vitesses. Très assistée en ville, elle devient plus consistante quand la vitesse augmente, même si on lui reprochera un petit flou au point zéro. Le comportement est une réussite et cette Twingo se montre mieux armée que la concurrence.

L’offre moteurs est uniquement constituée de deux motorisations essence trois cylindres : le 1.0 SCe atmosphérique de 70 ch et le 0.9 TCe turbo de 90 ch. Plus de diesel donc. Déjà présent sur de nombreux modèles de la marque, le TCe a été profondément repensé (50 % de nouvelles pièces) afin de pouvoir se positionner sous le coffre. Avec ses 135 Nm de couple, il permet à la Twingo d’acquérir une polyvalence certaine avec de bonnes reprises et des accélérations franches, malgré un 5e rapport toujours aussi long. Même s’il fait preuve d’une vraie tonicité, on aurait pu s’attendre à un peu mieux en raison du poids limité de 950 kg. Convaincant dans son ensemble, le TCe souffre toutefois de deux maux : des à-coups lors des phases d’accélération et une consommation excessive. Sur notre essai mêlant essentiellement ville et départementales, nous avons enregistré une moyenne proche des 7,5 l/100 km.

Équipement : tout est là et même plus

La nouvelle Twingo est commercialisée en 3 finitions. Parmi tous les équipements présents, on notera que l’aide au démarrage en côte est de série. L’alerte de franchissement de ligne, particulièrement rare dans ce segment, est accessible seulement avec le haut de gamme Intens. En revanche, Renault a fait l’impasse sur un système de pré-collision urbain, qui aurait été le bienvenu et qui est présent sur certaines concurrentes.
L’entrée de gamme (Life) est uniquement au catalogue avec le SCe 70 ch. Elle se compose de 4 airbags, de l’aide au démarrage en côte, de la centralisation, de la banquette arrière rabattable, de la direction assistée, du limiteur de vitesse, de l’ordinateur de bord et de la sellerie tissu.
Le niveau intermédiaire Zen hérite pour sa part de la banquette rabattable 50/50, de la climatisation manuelle, de la boîte à gants fermée, des vitres avant électriques ainsi que du système multimédia R & Go fonctionnant à partir d’une application gratuite pour smartphone.
Le haut de gamme Intens hérite de l’alerte de franchissement de ligne, du limiteur-régulateur de vitesse, des rétroviseurs extérieurs électriques dégivrants, des jantes alliage 15 pouces, des antibrouillards, du volant et du pommeau de vitesses en cuir.
Par ailleurs, parmi les nombreuses options, l’une d’elle nous a particulièrement séduits. Il s’agit du grand toit ouvrant en toile facturé 1 000 €.
Enfin, à l’occasion du lancement de cette Twingo, Renault a mis en place une série limitée (à 500 exemplaires pour l’instant) dénommée Edition One.
RENAULT_TWINGO_EDITION ONE
Disponible exclusivement avec le TCe 90 ch, elle reprend la dotation du haut de gamme, enrichie du contrôle de la pression des pneus, de l’aide au parking arrière avec caméra de recul, de la direction assistée à démultiplication variable, du système R-Link avec écran tactile 7 pouces et navigation Europe, des jantes alliage 16 pouces, du becquet ton caisse, du pédalier aluminium et de la sellerie Pack Sport cuir & tissu rouge / noir, le tout pour 15 700 €.

Bilan : Twingo, on t’aime

Après une seconde génération fade, Renault réussit le renouvellement de sa Twingo. Le coup de cœur est assuré et il y a fort à parier que le succès soit au rendez-vous. La Twingo effectue donc un retour aux sources tant au niveau du style que de la philosophie. Cet esprit décalé se retrouve aussi dans l’habitacle qui n’en oublie pas pour autant d’être pratique. Ses qualités se retrouvent aussi au niveau du comportement, avec une vraie polyvalence, en se montrant aussi à l’aise en ville que sur route. Vous l’aurez compris la Twingo est morte, vive la Twingo. Le début d’une nouvelle histoire d’amour en somme.