Victoire de Lewis Hamilton, qui reprend la tête du Championnat du monde

Ça ressemble à un tournant. Lewis Hamilton (Mercedes) a fait coup double dimanche à Singapour: vainqueur, l’Anglais a aussi repris la tête du Championnat du monde après l’abandon de son coéquipierNico Rosberg.

Le Championnat du monde a peut-être vécu un tournant dimanche à Singapour, où Lewis Hamilton (Mercedes) a été consacré vainqueur et nouveau leader du Championnat du monde, une position qu’il n’avait occupée qu’au soir du Grand Prix d’Espagne, en mai dernier.

Sous les projecteurs de la quatorzième manche du Mondial, le Britannique de 29 ans, parti de la pole position, a repris 25 points à son coéquipier et rival, Nico Rosberg, contraint de partir des stands et finalement à l’abandon au 14e des 60 passages suite à un problème électronique le privant de l’usage des quatrième des sixième vitesses, et de l’énergie hybride de son groupe propulseur. Au Mondial,Hamilton dispose à présent de trois points d’avance sur Rosberg.

Victorieux pour la deuxième fois dans les rues de la cité-état après 2009, la septième fois de l’année et la 29e fois en carrière, Lewis Hamilton, qui a toujours eu le contrôle de la course malgré une neutralisation, a précédé sur la ligne les Red Bull de Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo (Red Bull) et la Ferrari de Fernando Alonso (Ferrari).

Derrière Felipe Massa (Williams), Jean-Eric Vergne (Toro Rosso) a livré un rush phénoménal pour remonter jusqu’à la sixième place, et se mettre à l’abri d’une pénalité de cinq secondes ajoutée à son temps de course pour un dépassement hors des limites de la piste. Le Français égale ainsi son meilleur résultat en Formule 1 acquis au Canada en 2013, ce qui ne pourra que l’aider à trouver un volant pour 2015.

Abandon de Nico Rosberg à Singapour : le « missile » Mercedes stoppé par un vulgaire câble

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Nico Rosberg (Mercedes) n’a pu disputer la victoire à son coéquipierLewis Hamilton à Singapour à cause d’une panne mineure sur sa W05.

Le Grand Prix de Singapour n’était pas commencé qu’il était déjà terminé pour le numéro un mondial, Nico Rosberg. Alors que chaque pilote entrait dans sa machine, l’Allemand était encore à contempler sa Mercedes, inquiet des problèmes électroniques détectés sur sa W05. Un changement de volant de dernière minute n’y changea rien. Pas plus qu’un second en cours d’épreuve. Soucieux de préserver l’équité entre ses pilotes, Toto Wolff a déploré l’incident qui laissa Lewis Hamilton seul en tête.

« Il y a apparemment eu une rupture du câblage dans la colonne de direction, et ce fut la base de ses problèmes », a indiqué le directeur d’équipe de Mercedes. « La seule chose qui fonctionnait, c’était le changement de vitesses, puis à nouveau la radio. Il ne pouvait plus utiliser le système de récupération d’énergie. Quand nous lui avons demandé de rentrer aux stands, nous avons changé son volant mais cela n’a rien fait. »

« Je lui ai dit que j’étais désolé de l’avoir laissé ainsi démuni – et il a géré la situation de façon très professionnelle. Notre voiture est un missile cette année mais ces problèmes de fiabilité nous font encore trébucher. » Au Grand Prix de Grande-Bretagne, le 5 juillet dernier, Nico Rosberg (Mercedes), alors leader, avait pour la première fois de la saison été contraint à l’abandon suite à une défaillance de boîte de vitesses.

« Nous ne voulons pas que le Championnat bascule parce qu’un pilote a été trahi par sa voiture. Je serais prêt à me casser de nouveau le bras pour stopper ces problèmes de fiabilité », a-t-il ajouté, à autosport.com.

Bonus-malus : l’abandon de Rosberg, la bonne affaire de Hamilton, le rush de Vergne

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Nico Rosberg (Mercedes) malchanceux, Lewis Hamilton a mené sans faillir à Singapour, où Jean-Eric Vergne (Toro Rosso) a fait un festival. Voici nos bonus-malus.

Le vainqueur

Lewis Hamilton (Mercedes) avait arraché la pole position pour 0″007 face à Nico Rosberg, mais elle ne lui aura finalement été d’aucune utilité vu le problème rencontré par son coéquipier avant même le départ. Néanmoins, le Britannique, qui avait souffert d’une exploitation problématique des pneus de type « super tendre » aux essais, a dû s’employer pour mettre Sebastian Vettel (Red Bull) à distance. Et son forcing après le restart a été remarquable. Enfin, il a rajouté une petite touche de panache lors de son dépassement autoritaire sur l’Allemand.

Le regret

Le duel entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton, dont on a encore été privé.

L’attaquant

Jean-Eric Vergne. « L’ensemble de l’écurie Toro Rosso a réalisé un travail tout aussi convaincant (que Red Bull). En gérant parfaitement la consommation d’énergie et de carburant, ils ont pu offrir à JEV la possibilité d’aller décrocher la sixième place en piste », a souligné Rémi Taffin, le directeur des activités piste du motoriste Renault. Prometteur aux essais, le Français s’était raté en Q3. Il a montré en course qu’il détenait les clé de la performance chez Toro Rosso, face à un coéquipier qui a fini en détresse (14e). Malgré deux pénalités pour hors-limite (ndlr : le seconde, surMaldonado, plutôt sévère), il s’est libéré dans le final pour devenir irrésistible dans les roues de Nico Hülkenberg (Force India), Kevin Magnussen (McLaren), Kimi Räikkönen (Ferrari) et Valtteri Bottas (Williams). Une belle brochette de coriaces ! Et une sixième place qui arrive à point nommé pour rappeler aux directeurs d’équipes sa candidature à un baquet en 2015.

Le bonus

Le Championnat relancé.

Infographie - Le duel entre Hamilton et Rosberg après la 14e manche du Championnat du monde 2014

Le malus

Quand Nico Rosberg parle de « l’autre » après la qualification, et que Mercedes écrit à la place « Lewis » dans son communiqué de presse officiel.

Les stats

100% d’intervention de la voiture de sécurité depuis la création du Grand Prix en 2008 et 0% de doublé pour une écurie.

La déclaration

Sebastian Vettel (Red Bull), deuxième : « Je ne savais pas ce qu’Hamilton allait tenter comme dépassement. Il s’est immédiatement jeté sur moi, avec son DRS alors que je lui avais laissé de la place et qu’il pouvait passer à l’intérieur, au freinage. J’ai dû lever le pied pour pouvoir le laisser me dépasser entre le mur et ma voiture. »

Source: www.eurosport.fr