Vainqueur, Thierry Neuville (Hyundai WRT) revient de loin !

Auteur de six tonneaux jeudi, Thierry Neuville (Hyundai) a gagné en Allemagne suite aux sorties de route de Jari-Matti Latvala (VW) et Kris Meeke (Citroën), dimanche.

Thierry Neuville et Hyundai se sont offert un tout premier succès en WRC, dimanche à Trèves, en remportant un Rallye d’Allemagne à rebondissements marqué par les abandons successifs des trois premiers leaders, Sébastien Ogier (Volkswagen), Jari-Matti Latvala (Volkswagen MST) et Kris Meeke (Citroën WRT). La marque sud-coréenne, dont le département « Motorsport » est basé en… Allemagne, a même réussi le doublé avec la deuxième place de l’Espagnol DaniSordo. Le vainqueur de l’édition 2013 (alors pour Citroën WRT) a devancé le Polo-R du Norvégien Andreas Mikkelsen sur le podium.

La neuvième manche du Championnat du monde a connu une dernière journée complètement folle alors que le Finlandais Jari-Matti Latvala semblait parti vers un succès aisé. Débarrassé du leader du Championnat du monde, le Français Sébastien Ogier, sorti de la route à deux reprises vendredi puis samedi, le pilote scandinave possédait 56 secondes d’avance dimanche matin sur le Britannique Kris Meeke. Un matelas confortable. Pas de pression, donc.

Neuville peut remercier ses mécanos

Latvala a pourtant fauté dès la première spéciale, abordant un virage trop rapidement avant de terminer dans les vignes puis d’invoquer « une erreur dans les notes qui indiquaient de passer à fond ».

Meeke n’aura ensuite été qu’un leader éphémère. Dans la spéciale suivante, il arrachait une roue de sa Citroën pour avoir été « trop optimiste » malgré l’avertissement de ses ouvreurs qui avaient signalé l’endroit comme délicat. « Ils m’avaient suggéré de baisser mes notes d’un cran. Il aurait fallu les baisser de deux ou trois niveaux supplémentaires », pestait le Britannique.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Neuville a donc signé, à 26 ans, son premier succès en Championnat du monde. La deuxième victoire seulement d’un Belge à ce niveau après le triomphe de François Duval en Australie en 2005. La victoire du pilote germanophone est d’autant plus incroyable qu’il avait bien failli ne pas prendre le départ du rallye vendredi après avoir sérieusement endommagé sa voiture la veille lors du shakedown.

La Hyundai avait effectué six tonneaux et les mécaniciens avaient dû travailler toute la nuit précédant le départ pour permettre à Neuville de prendre le départ, in extremis ! Le Belge et son copilote Nicolas Gilsoul avaient même passé le portique de départ… à pied au moment de la présentation des équipages, la Hyundai n’étant pas encore prête ! « La moindre des choses, c’était de remercier mes mécanos par ce bon résultat. J’espérais un Top 5, je me suis progressivement mis à rêver d’un podium et voilà ce premier succès. C’est incroyable », s’est exclamé le Belge« un peu incrédule ».

Camouflet pour Volkswagen

Les visages souriants chez Hyundai contrastaient avec la soupe à la grimace de mise chez Volkswagen, où Latvala avait les yeux rougis. La marque allemande semble maudite sur ses terres un an après une édition 2013 catastrophique quand aucun pilote VW n’était monté sur le podium. Ce fiasco reporte en outre de trois semaines le titre constructeur que VW s’apprêtait à fêter à domicile. Mauvais week-end assurément pour les dirigeants de Volkswagen Motorsport qui avaient invité une kyrielle de « vip » et imprimé des t-shirts célébrant ce nouveau titre.

La fête n’est pourtant que reportée. Le titre constructeur n’échappera pas à VW. Et, côté pilotes, le résultat final de l’épreuve allemande ne fait pas les affaires des amateurs de suspense. Latvala, qui avait l’occasion de relancer le championnat en revenant à 16 points d’Ogier, concède toujours 44 points de retard sur le champion du monde en titre alors qu’il ne reste plus que quatre rallyes à disputer : l’Australie (dès le 11 septembre), la France, l’Espagne et la Grande-Bretagne.

Thierry Neuville (Hyundai), vainqueur en Allemagne : « la moindre des choses pour les mécanos »

THIERRY_NEUVILLE

Thierry Neuville voulait offrir un résultat aux mécaniciens de Hyundai qui lui avait permis de participer au Rallye d’Allemagne qui a finalement gagné.

Vous attendiez-vous à ce succès jeudi soir après votre violente sortie de route au shakedown ?

Thierry Neuville : Pas vraiment même si je pensais que nous pourrions repartir ! J’ai fait quelques tonneaux et la voiture était vraiment dans un piteux état. Mais c’était principalement de la tôle. Les mécanos ont fait un boulot incroyable en travaillant toute une nuit pour me permettre de prendre le départ. La voiture a pu faire tout le rallye sans trop de problèmes. Incroyable ! La moindre des choses, c’était de les remercier en réussissant un bon résultat. Je visais donc un top-5. Petit à petit, je me suis mis à rêver d’un podium. Et ce (dimanche) matin, j’ai réussi à maintenir la pression sur les pilotes devant moi (Latvala et Meeke, ndlr) ce qui a fini par payer. Quel sentiment incroyable. Je suis un peu incrédule.

Pourquoi ?

T.N. : Je ne m’attendais pas à ce que Latvala commette une erreur. Je ne pouvais pas y croire quand on me l’a dit dans la radio… Au départ dimanche matin, il disposait de près d’une minute d’avance et n’était donc pas sous pression. Mais les conditions étaient terriblement difficiles avec des virages gras et beaucoup de boue à la sortie en début de matinée. Les conditions d’adhérence étaient changeantes. Il était facile de commettre une erreur.

Que signifie ce premier succès ?

T.N. : C’est mon premier succès en WRC mais aussi le premier succès de Hyundai à ce niveau. C’est un fameux encouragement. C’est aussi le couronnement de plusieurs mois de travail. Et c’est un doublé. Je finis premier, devant Dani (Sordo), 2e. L’ordre inverse de l’an passé. Cela signifie que nous figurons tous les deux parmi les meilleurs pilotes sur asphalte. Après l’erreur du Shakedown, Nicolas (Gilsoul, son copilote) et moi avons été très performants, notamment samedi quand nous avons repris du temps à tous nos adversaires, sans commettre la moindre erreur.

Rallye d’Allemagne: Latvala et Meeke sortent, Neuville gagne

THIERRY_NEUVILLE_HYUNDAI

La journée de dimanche devait sacrer Jari-Matti Latvala (VW) dans ce Rallye d’Allemagne, après sa démonstration samedi. Mais les conditions de course ont tout changé.

Pourtant tranquille leader après l’abandon de Sébastien Ogier (VW), Jari-Matti Latvala (VW) a gâché son avance en sortant de la route dès la première spéciale de la journée. Dimanche noir pour les vainqueurs de la veille, puisque Robert Kubica (Ford) a dû abandonner après des problèmes de boite. Kris Meeke (Citroën) en a profité pour réussir le scratch et prendre la place de leader au classement général. « C’est très glissant et j’ai fait une erreur au début où je suis sorti large a déclaré le vainqueur. Il y a encore beaucoup de kilomètres à faire. Je suis vraiment désolé pour Jari-Matti, j’espère qu’il va bien. »

La route mouillée a fait des dégâts dimanche. Après Jari-Matti Latvala (VW), c’est Kris Meeke (Citroën) qui a été contraint d’arrêter après avoir tapé un muret. Du coup, c’est Thierry Neuville (Hyundai) qui s’est retrouvé en tête. Une situation que le pilote Belge était loin d’imaginer avant le début du weekend :  » Pour être honnête, je savais qu’on ne pouvait pas jouer devant a-t-il annoncé après la deuxième spéciale. Mais avec des conditions comme ça, tout est possible. On veut rester sur la route. »

Rallye d’Allemagne: Ogier sort dans la dernière spéciale du jour, Latvala leader

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Sébastien Ogier ne parviendra pas à faire gagner VW cette année ! Dans l’ultime secteur chronométré de cette première journée, le champion du monde en titre a effectué une sortie de route, heureusement sans dommage pour lui et son copilote, Julien Ingrassia. La Polo-R n°1 avait été pointée en tête au premier temps intermédiaire, 0″2 devant celle de Jari-Matti Latvala, nouveau leader.

Le Finlandais a réalisé le scratch, 1″4 devant Dani Sordo (Hyundai), vainqueur en 2013 sur Citroën, 5″6 devant Kris Meeke (Citroën) et 5″9 devant son coéquipier Andreas Mikkelsen.

Source: www.eurosport.fr