Hamilton, Alonso et Vettel fidèles à eux-mêmes à Silverstone

Silverstone a produit peu de courses palpitantes ces dernières années mais la cinquantième édition du Grand Prix de Grande-Bretagne dans le Northamptonshire restera comme un bon cru ; au-delà même du retour de la quasi parité au Championnat comme d’un fait de justice entre un Lewis Hamilton pas franchement verni jusque-là et un Nico Rosberg qui passait à travers à peu près tous les ennuis, au point de finir deuxième dans ses pires moments de détresse mécanique. La chance et la malchance s’équilibrent, mais pour être juste je note que le Britannique a enregistré un abandon de plus.

Non, le sentiment qui ressort de tout ça est que Silverstone nous a offert un condensé de ce qu’est Lewis Hamilton, qui a été conforme à l’image qu’il laissera sans doute un jour : celle d’un pilote capable des erreurs de jugement les plus inattendues, les plus grossières, et des rétablissements les plus spectaculaires. Et qu’avec lui, un week-end est rarement parfait du début à la fin : à une demi-seconde près, il aurait provoqué un pataquès samedi. Heureusement, il a été invité par Nico Rosberg à se « grouiller » en fin de Q3, permettant à l’Allemand d’attaquer son tour juste à temps pour la pole position. Au moment où il était le plus fort (il venait de faire la pole position), l’Anglais bascula dans la fébrilité. Du pur Hamilton, encore une fois.

On se souviendra aussi de Silverstone pour cette bagarre de chiffonniers entre Sebastian Vettel et Fernando Alonso, qui braillent à la radio depuis des années pour à peu près n’importe quoi. Il faut quand même se rendre compte qu’ils se battaient pour une cinquième place, à une minute de Lewis Hamilton. Heureusement que ce n’était pas pour une première place ! Ces deux excités ont donc atteint un sommet de ridicule et c’est au moins ça de gagné car la FIA va peut-être se réveiller et légiférer sur ces communications qui font passer les pilotes pour des gamins capricieux à qui il faut déjà tout prémâcher en matière de gestion de course. Il paraît que la F1 se vend mal, alors c’est plus sûrement là qu’il faudrait nettoyer, plutôt que verser dans le sensationnalisme en fabriquant des courses à multiples départs.

Pour en revenir à ce combat, je retiens surtout que Fernando Alonso est loin d’être le type démotivé, épuisé mentalement qu’on nous décrit. C’est vrai, il a ses coups de blues, mais il a rappelé dimanche l’incroyable esprit bagarreur qui fait sa marque de fabrique. Comme Lewis Hamilton, il a été à Silverstone égal à lui-même et c’est un sacré message pour 2015 ; envoyé à Ferrari et à McLaren. Concernant Sebastian Vettel, vu en « gosse effrayé » par Niki Lauda, j’aurais plutôt une seconde explication pour juger son agacement. Les trajectoires de forcené de l’Ibère l’énervaient sûrement, mais peut-être moins que la position de son coéquipier Daniel Ricciardo, encore en route vers le podium. Une bonne diversion en somme…

On se souviendra de Silverstone comme de la possible dernière de Jenson Button at home, puisque McLaren refuse toujours de se prononcer sur son cas. Enfin, Williams a franchi sur le circuit domestique de sa première victoire une étape supplémentaire vers le renouveau. J’ai juste un regret : elle a utilisé Susie Wolff pour le battage médiatique (ce fut conclu cet hiver à un moment où elle en avait bien besoin) et avait mal préparé sa voiture. L’essayeuse écossaise a du talent, elle a fait un boulot reconnu en tests mais elle n’a pas d’avenir au-delà de ça. Et sans doute pas plus que le Brésilien Felipe Nasr, dont les vendredis matins étaient également convenus. Une écurie du standing de Grove devrait faire tourner en priorité un (ou une) espoir pour de bonnes raisons. Elle croyait en Valtteri Bottas en 2012 et l’avait fait tourner 15 vendredis. On a vu à quoi ça l’a menée dimanche.

Source: www.eurosport.fr