Peugeot 108 : une recette mise à jour qui fonctionne encore

Après la très bonne 208 et l’excellente 308, la petite Peugeot 108 a un poids important sur ses frêles épaules, surtout que la 107 s’est écoulée à 820 000 exemplaires depuis sa sortie en 2005. La petite lionne parvient-elle tout de même à s’en sortir avec toute cette pression ?

Taux d’émission de CO2 et bonus/malus de la version la plus écologique de la Peugeot 108 : 88 g/kmBonus : 150 €

Début de commercialisation du modèle : Juillet 2014

La première difficulté, et non des moindres, était d’arriver à concentrer la nouvelle identité Peugeot dans une voiture aux dimensions si réduites, tout en partant d’une plate-forme qu’elle partage une nouvelle fois avec Citroën et Toyota. Mais la 108 s’en sort plutôt bien et intègre sans peine les formes désormais typiques des phares et de la calandre de ses sœurs. On notera aussi les feux arrière à trois griffes ainsi que les pieds des rétroviseurs extérieurs qui se prolongent dans les ailes avant qui achèvent de la différencier de la C1 et de l’Aygo. Certes, cela fait de la citadine Peugeot la plus conservatrice dans ses lignes de la triplette mais il en faut pour tous les goûts. Ses dimensions trahissent en tout cas que la Peugeot 108 a été construite sur la même plate-forme que la 107, même si elle a bien évidemment été remise au goût du jour. La dernière venue conserve donc un empattement identique, à 2,34 m, et gagne seulement quelques centimètres dans les porte-à-faux avant (+ 3 cm) et arrière (+ 1,5 cm) pour atteindre 3,475 m de long (+ 4,5 cm). L’habitabilité n’est donc pas en très forte hausse mais dans la citadine la plus compacte du marché, il ne faut évidemment pas s’attendre à des miracles de ce côté-là. La Peugeot 108 peut tout de même emmener quatre adultes confortablement, avec plus d’un centimètre de gagné au niveau des épaules autant à l’avant qu’à l’arrière (1 366 et 1 337 mm contre 1 213 et 1 209 mm). Pour la garde au toit, si les passagers avant seront plus à l’aise (975 mm contre 868 mm), ceux prenant place sur la banquette arrière devront un peu plus rentrer la tête dans les épaules (831 mm contre 843 mm). Le grand gagnant de ce changement de génération est sans aucun doute le volume de coffre, ce qui est une bonne nouvelle, puisqu’on partait de très bas, avec 130 litres pour la 3 portes et 139 litres pour la 5 portes. La 108 revendique en effet désormais 180 litres et même 196 litres pour peu que vous vous passiez d’une roue de secours, et jusqu’à 780 litres une fois le dossier de la banquette arrière rabattue, contre 712 à 751 litres précédemment. On regrettera juste un seuil de chargement encore un peu haut, même s’il a diminué de 3 cm, à 770 mm.

Ce léger gain en espace intérieur est de plus souligné par les progrès notables réalisés dans l’habitacle : Peugeot a suffisamment répété souvent le mot « premium » durant la conférence de presse pour que ça attire notre attention. Le choix des matériaux et la qualité des assemblages réalisent donc un bond en avant et la 108 fait beaucoup moins jouet que la 107, une impression renforcée par l’arrivée au catalogue d’équipements dont ne bénéficiait pas son aînée et que nous détaillerons plus loin.

Sur la route : en ville et au-delà

Question moteurs, pas de révolution puisque le 3 cylindres 1,0 l 1KR-FE de 68 ch d’origine Toyota/Daihatsu des triplettes de génération précédente reprend du service, même si l’EB0 de PSA propose des caractéristiques identiques. Il a tout de même été revu, puisqu’avec 4,1 l/100 km en mixte, il émet désormais 95 g/km de CO2 contre 99 précédemment, et peut désormais être équipé en finition Allure du Stop & Start pour descendre à 3,8 l/100 km en mixte et 88 g/km de CO2, ce qui lui permet de décrocher le premier bonus, à 150 €. Étrangement accessible uniquement pour les 108 5 portes, le petit 3 pattes peut aussi être accolé à la boîte robotisée ETG5, mais ce n’est pas la meilleure des nouvelles, comme vous avez pu le lire ici ou .

Malheureusement, la caisse renforcée et plus rigide et les équipements supplémentaires de la 108 n’ont pas eu une très bonne influence sur son embonpoint : alors que la 107 démarrait à 785 kg, sa descendante débute à 840 kg. Pas de quoi la placer dans les cas d’obésité morbide mais les performances s’en ressentent très nettement : la 108 1,0 l effectue en effet le 0 à 100 km/h en un interminable 14,3 s, soit deux secondes pleines de plus que la 107 équipée du même moteur.

Mais cette fois-ci, le petit 1,0 l ne fera pas cavalier seul, il reçoit le renfort du 3 cylindres 1,2 l EB2 d’origine PSA développant 82 ch et c’est la motorisation qui rencontrera le plus grand succès selon Peugeot. Émettant 99 g/km de CO2 pour 4,3 l/100 km en mixte, il fait malheureusement l’impasse sur le Stop & Start mais assure de son côté des performances tout à fait correctes pour une citadine, avec un 0 à 100 km/h réalisé en 11 secondes C’est le moteur de notre modèle d’essai et il confirme tout le bien que l’on pensait déjà de lui dans la 208. Avec 100 kg de moins à emmener, il se révèle suffisamment vif pour envisager sans crainte de sortir des limites de la ville pour un week-end à la campagne. Petite déception cependant du côté de la boîte de vitesses mécanique à cinq rapports qui se montre peu précise.

Niveau châssis, la Peugeot 108 adopte des ressorts plus souples et une barre antidévers plus épaisse à l’avant (24 mm contre 22 mm) que ceux de la 107 pour à la fois améliorer son confort sans pour autant prendre trop de roulis dans les courbes. Elle est donc moins sèche sur les imperfections de la route mais garde tout de même le feeling de kart urbain de sa devancière, avec une direction précise, une bonne position de conduite avec un volant à jante épaisse et un diamètre de braquage de 9,60 m plutôt flatteur.

Équipement : du nouveau, et du dernier cri

PEUGEOT_108_ESSAI_2

La Peugeot 108 innove par rapport à la 107 en adoptant de nombreux équipements de série ou en option dont cette dernière ne bénéficiait pas. La première finition Access (à partir de 10 150 €) comprend des airbags frontaux, latéraux et rideaux, la banquette arrière rabattable, la détection de sous-gonflage des pneus, la direction assistée, l’aide au démarrage en côte, les feux diurnes à LEDs et un ordinateur de bord. La finition Active (à partir de 11 250 €) ajoute la banquette à dossier 50/50, les vitres électriques à l’avant, le limiteur de vitesse, la radio avec écran 3,5 pouces, Bluetooth et port USB et le verrouillage centralisé. Ensuite arrive la finition Allure (à partir de 13 650 €), celle de notre modèle d’essai, avec la climatisation manuelle, la caméra de recul, les jantes alliage, l’écran tactile 7 pouces avec fonction Mirror Screen détaillée plus bas et les rétroviseurs électriques et chauffants. Enfin, Féline, la plus haute finition (à partir de 15 550 €), comprend en plus le démarrage au bouton, la climatisation automatique, l’allumage automatique des feux, la roue de secours galette et les sièges en cuir et chauffants à l’avant.

Vous pouvez de plus opter pour un grand toit ouvrant en toile de 80 x 76 cm à ouverture et fermeture électrique, baptisé Top!, qui vous coûtera 1 200 € supplémentaires en finition Active et Allure.La fonction Mirror Screen vous permet d’afficher directement sur l’écran 7 pouces le contenu de votre smartphone (Android, iOS ou Windows Phone) connecté sur le port USB et d’accéder ainsi de façon légale à vos musiques enregistrées, à la navigation via Google Maps ou à vos répertoires téléphonique.

Bilan : du changement dans la continuité

La Peugeot 108 n’est donc pas une révolution dans le monde des citadines mais elle a su garder les qualités qui ont fait de la 107 un succès, en lui ajoutant un peu plus de confort, des finitions plus soignées, de la polyvalence et de nouveaux équipements technologiques qui en font une offre toujours convaincante, avec des tarifs calqués sur la concurrence. Est-ce que cela suffira pour affronter Renault, qui lui est reparti d’une feuille blanche pour sa nouvelle Twingo ? C’est ce que nous découvrirons dans les mois qui viennent.

En attendant, sa concurrente toute désignée reste la Volkswagen Up! Plus longue de 8 cm au niveau de l’empattement et plus large de 3 cm, l’allemande se montre logiquement plus habitable et dispose d’un volume de coffre supérieur, à 250 dm3. Mais la française se rattrape largement avec des motorisations plus véloces et moins gourmandes, un diamètre de braquage inférieur de 20 cm et des tarifs proches mais avec un équipement supérieur.

Source: caradisiac.com / automobile-magazine.fr / netcarshow.com