Voici enfin l’essai le plus attendu de l’année, celui de la Citroën C4 Cactus. Est-elle aussi agréable à conduire que son style est décalé ? Avec sa voiture essentielle, Citroën a -t-il réponse à tout ? Verdict avec ce premier test aux Pays Bas.

Taux d’émission de CO2 et bonus/malus de la version la plus écologique de : Citroen C4 Cactus : 82 g/kmBonus : 150 €

Début de commercialisation du modèle : Mars 2014

Il y a bien longtemps qu’une voiture n’avait pas suscité autant d’intérêt. Dès sa révélation, la Cactus a déclenché des coups de cœur, fait parler, interloque. En clair, elle ne laisse pas indifférent et rien que pour cela, Citroën a réussi son pari. A vrai dire, soyons un peu chauvins, nous sommes ravis que cela soit l’œuvre d’une marque française d’autant plus que les chevrons n’en sont pas à leur coup d’essai avec récemment la renaissance de la gamme DS.

Comme nous l’avions déjà remarqué lors de la présentation officielle, la Cactus se démarque tout de suite des productions actuelles. Son style est unique sur de nombreux points mais la principale originalité réside bien évidemment dans les Airbumps, sorte de coussins gonflables conçus pour protéger la carrosserie des chocs quotidiens qui sont devenus l’élément esthétique le plus caractéristique. Mais la C4 Cactus ne se limite pas à cela. La face avant est très moderne avec des projecteurs proches de ceux de la famille C4 Picasso, positionnés haut sur la face avant, un toit qui semble flotter ainsi qu’une garde au sol surélevée marquée par des passages de roues proéminents. Sans développer des centaines de possibilités de personnalisation, Citroën propose également 10 teintes de carrosserie et 4 pour les airbumps et les différentes protections de carrosserie. Particulièrement exposés aux chocs, on aurait pu craindre pour le vieillissement, le changement de ces airbumps et les frais induits par cette opération. Bonne surprise, il faudra compter env 100 € pour leur remplacement. Un tarif raisonnable.

Look unique et dimensions atypiques

Avec une longueur de 4,16 m, la C4 Cactus est à mi-chemin entre certaines polyvalentes (Renault ClioPeugeot 208) qui dépassent légèrement les 4 m et les compactes (Renault MéganePeugeot 308 et Volkswagen Golf par exemple) dont les tailles débutent aux environs de 4,30 m.

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La présentation rompt également avec les standards actuels. Au centre de la planche de bord, on retrouve un écran tactile 7 pouces identique à celui du C4 Picasso qui concentre les commandes multimédia, de climatisation, de radio et de navigation. Plutôt pratique, cet écran souffre toutefois de quelques lenteurs. L’instrumentation placée sous les yeux du conducteur est de forme numérique avec un petit écran sur lequel on déplore l’absence de compte-tours. L’ensemble est très agréable avec des effets de matière s’inspirant de l’univers de la bagagerie comme on peut le voir au niveau de la boîte à gants proche du design d’une malle, et d’une lanière en guise de poignée. La qualité des matériaux est très convenable en particulier celle de la planche de bord moussée au moins dans sa partie haute mais avec des plastiques durs sur les contre-portes par exemple. Les plus observateurs auront noté l’asymétrie de la planche de bord avec la présence d’un aérateur uniquement à gauche du volant. Et enfin pour privilégier l’espace à bord, Citroën a décidé d’installer l’airbag passager dans le plafond. Une première.

Malgré un gabarit inférieur à sa cousine la C4, l’habitabilité est plutôt généreuse notamment à l’avant avec la possibilité de profiter pour les versions automatiques d’une banquette grâce à l’accoudoir entre les deux sièges. De la place également à l’arrière où les passagers devront toutefois se contenter de vitres s’entrebâillant (Citroën n’a pas fait la même erreur que sur la DS4 où les vitres arrière sont fixes). Ils pourront se consoler avec l’immense toit panoramique sans vélum grâce à son traitement spécifique mais il s’agit d’une option à 600 € disponible sur les deux finitions les plus hautes.

Terminons par les aspects pratiques. Si les rangements sont nombreux dans l’habitacle, le volume du coffre possède une capacité moyenne avec un volume oscillant entre 348 et 1 170 litres (60 l de moins qu’une C4) mais attention, pas de banquette fractionnable ici. Elle est d’un seul tenant, demande quelques acrobaties pour être maniée et rabattue, le plancher n’est pas plat. Un choix (comme les vitres arrière par exemple) s’expliquant par la volonté de réduire le poids.

Sur route : sans histoire

CITROEN_C4_CACTUS_2014_ESSAI_4La C4 Cactus sera vendue avec deux diesels (e-HDi 92 ch et BlueHDi 100 ch) et un moteur essence – 1.2 PureTech – décliné en 3 niveaux de puissance : 75, 82 et 110 ch. Deux transmissions seront disponibles : manuelle à 5 rapports et automatique à 6 rapports (ETG) qui se dispensera d’un levier traditionnel pour être activée trois boutons sur la console (D, N et R).

Pour ce premier galop d’essai, nous avons testé la version essence la plus puissante. Ce 1.2 est un trois cylindres dont les vibrations sont plutôt bien contenues même si elles sont légèrement présentes au ralenti. La sonorité typique des 3 cylindres n’est pas trop entêtante. À l’usage, ce moteur se révèle plaisant avec du punch dans les bas régimes. 205 Nm, ce n’est pas énorme. Les reprises et les accélérations sont correctes sans être très énergiques. C’est donc là que l’on félicite Citroën d’avoir élaboré une voiture légère. Qu’en aurait-il été autrement ? Les moteurs diesels avec leur couple de 230 et 254 Nm devraient donner un dynamisme certain à cette Cactus. Bon point aussi concernant la consommation avec une moyenne relevée sur notre essai d’environ 6 l/100 km.

 Le poids contenu est d’ailleurs l’une des principales qualités de cette Cactus dont la masse varie, suivant les versions, entre 965  et 1 020 kg. À titre de comparaison, c’est 200 kg de moins que la C4 et un rapport poids/encombrement proche de celui d’une  Citroën BX de 1983. C’est pour dire ! Néanmoins, cet allégement ne s’est pas fait au détriment du confort ou du comportement  qui se révèlent probants. Ainsi, le premier se montre de bon niveau avec notamment des mouvements de caisse bien maîtrises  malgré la garde au sol. Cette Cactus est nettement moins molle qu’une C4 par exemple, sans atteindre pourtant la sécheresse de  certaines versions de DS4. L’amortissement nous est apparu pour sa part bien calibré. Toutefois, précisons que les routes des  environs d’Amsterdam avec leur relief plat et droit ne sont pas le terrain de jeu le plus exigeant. On reprochera tout de même le  manque de maintien des sièges. Conçu sur la même plate-forme que le 2008, la Cactus fait montre d’un comportement sans  surprise avec une direction relativement précise mais c’est elle qui concentre également les plus vives critiques puisque le volant n’est réglable qu’en hauteur. Trouver une position optimale n’est donc pas évident et demande un peu de temps. Pour le reste, la tenue de route est grandement satisfaisante et même quand on augmente le rythme, la C4 Cactus ne se désunit pas mais, avouons-le quand même, une conduite dynamique est très loin de représenter la philosophie originelle de cette Cactus.

Équipement : l’essentiel est là

Sur la C4 Cactus, tout est original, même le nom des finitions. Ici pas de Confort ou d’Exclusive comme sur la gamme classique ni même de So Chic ou Sport Chic utilisés par les DS, la Cactus a ses propres dénominations. Au programme : Start, Live, Feel et Shine.
Les deux premiers niveaux partagent le même équipement (5 airbags, l’alerte de sous-gonflage, les vitres avant électriques, le régulateur-limiteur de vitesse, les rétroviseurs électriques, la radio MP3 4 HP avec prise USB), mais le niveau Start est uniquement disponible avec le plus petit moteur.
La finition intermédiaire Feel hérite en complément de l’accoudoir central (avec boîte ETG), de la climatisation, des antibrouillards avec éclairage statique d’angle ainsi que du volant cuir.
Enfin le haut de gamme Shine offre l’accoudoir central avec rangement, les jantes 16 pouces, le pack auto (climatisation automatique et allumage automatique des phares et des essuie-glaces), le pack City Camera (caméra de recul et aide au parking arrière), le pack Navigation (GPS et système Audio Mp3 6hp + fonction jukebox 8 Go), les vitres arrières surteintées et les rétroviseurs dégivrants.
Pas de fioriture dans l’équipement plutôt minimaliste même dans le niveau le plus haut qui dispose qu’une seule option : le pack Park Assist (aide au stationnement avant et Park Assist). On regrettera que le toit vitré panoramique ne soit qu’une option (600 €) sur les deux niveaux les plus élevés mais on se consolera par les teintes de carrosserie et d’airbumps.

Côté finances : tous les tarifs, la concurrence

Avec des prix compris entre 13 950 et 22 400 €, la C4 Cactus n’a pas de concurrente directe. Si l’on se base sur la gamme tarifaire, la dernière-née des chevrons se retrouve face à des polyvalentes du type Peugeot 208 ouRenault Clio ou même certains crossovers urbains. Mais son adversaire le plus direct ne serait-il pas le Dacia Duster ? Pas vraiment car l’écart de prix atteint toutefois près de 5 000 € si l’on compare une C4 Cactus BlueHDI 100 ch Shine à un Dacia Duster dCi 100 ch Prestige. Si l’on tient compte de la différence d’équipement, l’écart se réduit à 2 000 €. Face à une Peugeot 2008 e-HDi 92 ch Allure ETG6 (22 500 €), le Cactus e-HDi 92 ch ETG6 (22 300 €) affiche des prix similaires à un équivalent similaire ou presque.

Bilan : le tube de l’année

Contrairement à ce que pourraient penser certains, la C4 Cactus n’est pas un modèle low cost mais un modèle essentiel. Comprenez par là qu’elle regroupe tout ce que recherche la majorité des clients avec une vraie polyvalence, des aspects pratiques bien pensés, un équipement complet, une qualité de fabrication et surtout des lignes capables de faire craquer beaucoup d’acheteurs. Ajoutez à cela des prix particulièrement attractifs et il y a fort à parier que la C4 Cactus soit un énorme succès commercial.

Source: caradisiac.com